Incroyable: trois jours après avoir rossé les Pays-Bas (4-0), l'équipe de France a fait 0-0 face au modeste Luxembourg, dimanche à Toulouse, fragilisant sa place de leader dans son groupe de qualifications au Mondial-2018.

La Suède étant allée s'imposer au Belarus dimanche après-midi (4-0), les Bleus ne comptent plus qu'un petit point d'avance sur leur dauphin dans le groupe A.

Ils doivent désormais aller le 7 octobre en Bulgarie, auteur jusqu'à présent d'un carton plein à domicile, et recevoir le Belarus (le 10 au Stade de France) pour boucler leur parcours. Les Suédois, eux, accueilleront ce même Luxembourg avant d'aller défier les Pays-Bas.

En échouant à marquer le moindre but au 136e au classement Fifa, l'équipe de France n'a pas vraiment fait honneur au légendaire Just Fontaine, présent au Stadium. Et après le feu d'artifice orangé de jeudi, ce dimanche dans la Ville rose a assombri la rentrée des Bleus, malgré les encouragements de l'indulgent public toulousain, qui a fini par lâcher une bordée de sifflets.

Une contre-performance marquante, comme une réminiscence du coup de froid suédois de juin (revers français 2-1) - mais avec une dimension d'humiliation au vu du modeste pedigree de l'opposition.

La première période n'a produit que deux occasions nettes, une frappe de Pogba à ras du poteau que détournait bien Joubert (37e) et un coup franc de Griezmann sur la barre (39e). Oui, il a fallu attendre la 37e minute pour mettre en danger, vraiment, le portier luxembourgeois...

Mbappé remplacé

Griezmann a aussi vendangé deux offrandes de Mbappé (12e) et Sidibé (57e), lequel a vu sa tête sortie par le gardien (63e). "Grizi" a semblé à court d'idées, de solution.

Giroud, lui, n'était pas du tout dans le coup. Ballons perdus, nonchalance... Il a laissé sa place à l'heure de jeu à Lacazette, dont la frappe enroulée était sauvée par un défenseur sur sa ligne (70e), et c'était tout.

Pogba a été le patron de l'entre-jeu, plaçant même une tête sur la barre (76e), tandis que Kanté rayonnait à la récupération et que la défense veillait sur les rares incursions adverses - même si Gerson Rodrigues a trouvé le poteau (77e)...

Non, vraiment, le problème se situait devant, malgré un Lemar remuant, mais moins inspiré que jeudi. Les Bleus se sont heurtés à un bloc compact des Luxembourgeois, comme galvanisés par leur victoire jeudi contre le Belarus (1-0).

Quand les Français tentaient leur chance, c'était souvent sans inquiéter le gardien - tir sur lui, trop mou, contré, non cadré... Ils manquaient cruellement d'espace, et se montraient incapables de respirer dans cette densité.

Mbappé, qui avait marqué son premier but en équipe nationale jeudi, était titularisé à droite du 4-4-2, le seul changement dans le onze par rapport à jeudi (au détriment de Coman). Il a souvent permuté avec Lemar, et été le plus dangereux du secteur offensif, sans être décisif toutefois, comme sur cette longue course commencée dans son camp aboutissant à une frappe sur le gardien (22e).

Mais Deschamps a choisi de le remplacer à l'heure de jeu par Coman, suscitant l'incompréhension du public. Le choix du sélectionneur de placer Mbappé à un poste où il a rarement joué, lui qui a évolué la saison dernière dans l'axe ou à gauche, risque de faire jaser. Comme, plus généralement, ce 0-0. Face au Luxembourg.


Les Pays-Bas se reprennent mais la Russie reste loin

Les Pays-Bas, vainqueurs de la Bulgarie dimanche à Amsterdam (3-1) ont conservé un espoir purement mathématique de participer au Mondial-2018, que la victoire de la Suède, dans le même temps en Biélorussie, a toutefois rendu plus qu'hypothétique.

Trois jours après la débâcle du Stade de France (4-0), les hommes de Dick Advocaat se sont quelque peu repris face à de faibles Bulgares.

Mais le succès de dimanche sera sans doute insuffisant. Alors qu'il reste deux rencontres à disputer et que la France semble assurée de la première place du groupe A (directement qualificative), la Suède, 2e, possède trois points d'avance sur les Pays-Bas et surtout une différence de buts beaucoup plus avantageuse (+11 contre +5), alors que les Scandinaves doivent encore recevoir le Luxembourg avant l'ultime match face aux Néerlandais.

Bref, pour Arjen Robben et ses équipiers, le scénario à venir a tout d'une mission quasi impossible, à moins d'un exploit luxembourgeois en octobre prochain à Stockholm alors que les Néerlandais se déplaceront eux en Biélorussie. A égalité de points, c'est la différence qui entre en compte.

Après l'Euro-2016, les demi-finalistes du Mondial-2014 vont plus que probablement manquer leur deuxième grand rendez-vous de rang.

Et, surtout, il vont devoir bâtir une nouvelle équipe. Dimanche, Robin van Persie (blessé) était absent, tandis que Wesley Sneijder a été laissé sur le banc, au profit de Davy Pröpper, buteur dès la 7e minute sur un service de Daley Blind, avant de récidiver à la 80e.

Parmi les trentenaires, rescapés de la glorieuse époque, seul Arjen Robben était aligné.

Mais le match face aux Bulgares ressemblait fort à un chant du cygne pour l'ailier du Bayern, auteur du 2-0 (67e). Un but qui lui a permis de dépasser Johan Cruyff au classement des buteurs Oranje (34 réalisations), le record restant détenu par Van Persie (50).

Ce travail de reconstruction s'annonce fastidieux. Dimanche, il n'y avait guère d'inspiration dans le jeu néerlandais. Étrangement calme, la Johan Cruyff Arena d'Amsterdam dégageait une atmosphère de résignation.

A la fin de la rencontre, la fanfare du kop Oranje a entonné un "Ce n'est qu'un au revoir" plutôt révélateur...


La Suisse garde la tête

La Suisse a conservé sans trembler la tête du groupe B en s'imposant 3 à 0 dimanche en Lettonie, poursuivant son parcours impeccable dans les qualifications pour le Mondial-2018 en Russie.

Mais malgré ses huit succès en autant de matches, la "Nati" reste sous la menace du Portugal qui s'est imposé dans le même temps en Hongrie (1-0).

La finale pour la première place, la seule directement qualificative, devrait se jouer le 10 octobre lors de l'ultime journée avec un brûlant Portugal - Suisse.

Depuis sa victoire lors de la 1re journée des qualifications contre les champions d'Europe, la "Nati" évite donc tous les pièges.

Après avoir dominé Andorre (3-0) jeudi à St-Gall sur un terrain gorgé d'eau, l'équipe de Petkovic se déplaçait dimanche à Riga face à une équipe de Lettonie dernière du groupe mais qui ne s'était inclinée que 1-0 à l'aller à Genève.

Les partenaires de Shaqiri n'avaient pas le temps de cogiter face à un advesaire qui a enregistré dimanche son 9e revers d'affilée. Les Helvètes profitaient d'un bon pressing dès l'entame du match pour ouvrir le score dès la 9e minute par Seferovic, profitant d'un beau centre de Lichtsteiner. Le gardien letton Varnins, ancien portier du club suisse du FC Sion, n'était pas exempt de tout reproche, oubliant de fermer son angle.

Auteur d'un doublé jeudi, le nouvel attaquant de Benfica, confirme lui sa réussite actuelle, en club comme en sélection.

Dzemaili, qui faisait son retour après avoir été mis au repos jeudi, ratait un penalty juste avant la pause mais se faisait pardonner à la 55e minut en crochetant le gardien pour mettre les Suisses à l'abri (2-0).

Rodriguez clôturait la marque juste avant l'heure de jeu et les Suisses n'avaient plus qu'à gérer.

Avant de penser au Portugal, les Suisses recevront la Hongrie et devront faire le plein de points. Les partenaires de Ronaldo se déplaceront eux en Andorre.


Le Portugal gagne en Hongrie et s'assure au moins les barrages

Le Portugal de Cristiano Ronaldo est d'ores et déjà assuré de disputer au moins les barrages du Mondial-2018, grâce au succès étroit arraché dimanche à la Hongrie (1-0), qui s'est vue écartée du tournoi organisé par la Russie.

Contre une équipe magyar réduite à dix dès la demi-heure de jeu, les champions d'Europe en titre se sont imposés à Budapest sur un but d'André Silva en début de deuxième période, sur une passe décisive signée "CR7".

Ce septième succès de rang permet au Portugal de garantir la deuxième place du groupe B. Avec 21 points, soit trois de moins que la Suisse, leader du groupe qui l'avait battu (2-0) en ouverture des qualifications et qui a poursuivi son sans-faute en dominant la Lettonie (3-0) dimanche à Riga, le Portugal ne peut plus être rejoint par la Hongrie.

Troisième avec dix points, les Hongrois, huitièmes de finalistes de l'Euro-2016, peuvent en effet dire adieu au Mondial-2018.

Si les Lusitaniens s'imposent en Andorre le 7 octobre, ils prendront rendez-vous avec les Helvètes trois jours plus tard à Lisbonne, pour une finale qui déterminera alors la première place de la poule, synonyme de qualification directe.

Dimanche à Budapest, le Portugal a débuté le match de façon autoritaire, endossant le rôle du favori.

Ronaldo encore décisif

Ronaldo a vite créé le danger, mais l'attaquant vedette du Real Madrid voyait sa frappe du droit déviée par le gardien Gulasci (5e) et ne cadrait pas sa tête décroisée (8e).

Deux tirs successifs de Moutinho et Cédric (23e) puis un nouvelle tentative du milieu de l'AS Monaco (25e) n'arrivaient pas non plus à trouver la brèche dans le mur hongrois.

Après l'exclusion de Priskin à la 30e minute, pour un coup de coude dans la face de Pepe, le match est devenu de plus en plus haché et rugueux.

Les Hongrois lançaient tout de même un contre mal conclu par Lovrecsics (37e) et, à l'autre bout du terrain, André Silva gâchait la meilleure occasion de la première période, au terme d'une rare action collective de l'attaque portugaise (45e). Avant la pause, Gulasci devait encore capter un tir rasant du gauche de Ronaldo (45+3).

Dès le retour des vestiaires, le quadruple Ballon d'or, auteur de 14 buts en sept rencontres qualificatives, se montrait enfin décisif. D'un centre piqué du gauche, il offrait un caviar au jeune Silva qui, laissé seul dans la petite surface, concluait de la tête pour s'offrir son 7e but en huit matches.

Le duo d'attaquants avait déjà coulé la Hongrie lors du match aller, remporté par le Portugal (3-0) avec une ouverture du score du nouvel avant-centre de l'AC Milan AC et un doublé de l'idole du Real.

Enfin dans le groupe I, la rencontre entre la Croatie au Kosovo, qui a été interrompue samedi soir avant la demi-heure de jeu en raison d'une forte pluie, a pu se jouer ce dimanche à Zagreb. Les Croates se sont imposés par le plus petit écart (1-0) face au Kosovo. Une victoire qui leur permet de reprendre la tête du groupe I des qualifications de la zone Europe pour le Mondial 2018 en Russie. Avec 16 points, la Croatie devance désormais l'Ukraine, victorieuse (2-0) contre la Turquie samedi, de 2 longueurs et l'Islande, battue (0-1) en Finlande, de 3.