La révolution du foot belge - Edito par Christian Hubert


BRUXELLES Le football belge a donc accouché d'une de ses plus pénibles grossesses nerveuses. On sait, donc, comment les championnats vont se dérouler, à partir de la saison 2009-2010. Nous vous conseillons de prendre une aspirine et de lire attentivement la procédure. Si vous avez réussi polytechnique, vous avez une chance de comprendre du premier coup.

Il est heureux que le football de notre élite (!) ait fini par éviter l'éclatement. Le boulot d'Ivan De Witte n'avait rien à envier à celui d'Yves Leterme : dans les deux cas, la caractéristique principale des négociateurs était de se bouffer le nez. Mais comme la Belgique est le pays du compromis, on a enfin trouvé, hier, celui qui sort la Ligue pro de l'impasse. À l'unanimité.

Le succès du football repose essentiellement sur sa simplicité. On pourra, dès lors, difficilement comprendre que le quatorzième sera peut-être en Coupe d'Europe alors que le cinquième n'y sera pas. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pourquoi, aussi, ne pas allonger la compétition de six journées alors que le calendrier est, déjà, tellement encombré ?

Nous constatons une chose, sans doute trop évidente : les pays où le football fonctionne bien (Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne, France), n'envisagent pas de playoffs. Et ceux qui ont adopté cette formule n'y ont jamais trouvé la formule miracle qui devait les enrichir. Surtout quand elle est tarabiscotée, comme aux Pays-Bas, que l'on va donc imiter, en un peu moins compliqué, malgré tout. Alors que les Bataves, très déçus de la formule, s'apprêtent à faire marche arrière.

Certes, dix-huit clubs ne méritaient pas l'élite et il est tentant de multiplier les affiches pour exiger davantage de droits de télévision, mais la multiplication des mêmes distributions ne peut, à terme, que les banaliser.

Enfin bon, l'essentiel était de sortir de l'impasse. C'est fait, et c'est déjà ça...

© La Dernière Heure 2008