Le directeur technique national, François Blaquart, qui dépend à la fois du ministère et de la FFF, est suspendu à titre provisoire


PARIS L'affaire des quotas était rythmée samedi par l'attente de l'audition de Laurent Blanc, qui a quitté l'Italie où il se reposait, tandis que la FFF a formellement démenti que le sélectionneur ait présenté sa démission comme l'annonçait au conditionnel un média régional.

Le FFF a formellement démenti auprès de l'AFP cette démission présentée au conditionnel par le site de Ouest-France samedi matin, information également démentie par le ministère des Sports.

"Je l'ai eu au téléphone, on a parlé de sa venue à Paris pour l'audition (dans le cadre de l'affaire des quotas), de son +après audition+, mais à aucun moment il n'a été question de ça (d'une démission éventuelle). Il n'est pas obligé de tout me dire, mais à aucun moment, je ne l'ai senti au bord de la démission, je persiste et je signe", a pour sa part expliqué à l'AFP le chef de presse des Bleus, Philippe Tournon.

Blanc a quitté Merano (nord de l'Italie), où il était en cure, en début d'après-midi samedi, selon la direction de son hôtel. Le sélectionneur était depuis une semaine dans le centre de remise en forme du Palace Merano, dans cette petite ville du Tyrol italien. "Il est parti", a juste lâché un membre de la direction de l'établissement thermal aux journalistes présents devant l'hôtel, dont celui de l'AFP, qui, tenus à distance, ont juste vu un homme en baskets, correspondant à la silhouette de Laurent Blanc, monter dans un véhicule monospace noir aux vitres teintées.

Une voiture des carabinieri (gendarmes) était arrivée opportunément à ce moment de la sortie du véhicule, un officier des carabinieri venant même au milieu des journalistes quand le véhicule sortait, sans dire un mot, alors que d'autres clients étaient déjà partis dans la journée, sans tout ce déploiement de mesures de sécurité.

Le sélectionneur a jusqu'à lundi matin compris pour être entendu par la mission du ministère des Sports et par la commission interne de la Fédération (FFF).
Laurent Davenas, l'un des deux membres de la commission d'enquête de la FFF, a indiqué samedi à l'AFP: "Jusqu'à plus ample informé, son audition sera à Paris, probablement durant le week-end", au plus tard lundi.

Mais, en dehors du cas, très médiatique de Blanc, où en est l'enquête ? Y-a-t-il eu une politique d'instauration de quotas pour les binationaux développée à la Fédération ou la fameuse réunion du 8 novembre 2010 a-t-elle dérapé ? Une source proche de l'enquête fédérale a indiqué à l'AFP: "Des propos ont été tenus, ce qu'on cherche à savoir c'est si ça a été plus loin que des propos. La réponse est a priori négative."

Chantal Jouanno, ministre des Sports, doit présenter les conclusions de l'enquête du ministère lundi après-midi. Celles de l'enquête interne de la FFF doivent être réservées à un conseil fédéral extraordinaire jeudi prochain.
Des parts d'ombre demeurent. Mohammed Belkacemi, conseiller technique national pour le football des quartiers, a affirmé avoir remis l'enregistrement de la réunion du 8 novembre dès le 9 novembre à André Prévosto, directeur général adjoint de la FFF. Ce dernier a indiqué aux enquêteurs n'en avoir "rien fait".
"Prévosto était alors en pleine tempête et je pense qu'il n'a pas prêté très attention à ce que lui a donné Belkacemi", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

La tempête en question éclata le 26 novembre avec la démission du directeur général d'alors, Jacques Lambert, dénonçant des manoeuvres de M. Prévosto, un proche du président actuel Fernand Duchaussoy. Dans l'affaire des quotas, pour l'heure, seul le directeur technique national (DTN) François Blaquart, qui dépend à la fois du ministère et de la FFF, est suspendu à titre provisoire le temps des enquêtes. Il est celui qui semble devoir risquer la plus lourde sanction dans cette affaire.

© La Dernière Heure 2011