Football

L'ancien sélectionneur de la Guinée, Paul Put, a démenti samedi tout acte de corruption au lendemain de sa radiation "à vie" par la Fédération guinéenne de football, se disant lui-même victime de "racket".

"J'ai subi des pressions d'une seule et même personne, j'ai été racketté par le premier vice-président (de la Fédération, Amadou Diaby, ndlr) en me faisant croire que c'était avec la bénédiction et l'accord de la Fédération et j'ai cédé", a affirmé dans un communiqué Paul Put, qui a occupé le poste de mars 2018 au 16 juillet dernier.

Aujourd'hui suspendu, Amadou Diaby s'est vu infliger vendredi par la commission d'éthique de la Fédération guinéenne une interdiction de sept ans (dont cinq ferme) d'exercer toute activité liée au football, ainsi qu'une amende de 25.000 euros.

Paul Put, interdit "à vie" d'exercer dans le football en Guinée par la même instance, a pour sa part écopé d'une amende de 100.000 euros.

"Je n'ai jamais, au grand jamais, racketté qui que ce soit, ni un joueur, ni un membre de mon staff. Tout est faux, archi-faux", a déclaré dans son communiqué le technicien belge, en se disant "l'objet de beaucoup de diffamations, de mensonges et de bêtises sans commune mesure".

"J'exige des excuses publiques de ceux qui ont porté atteinte à mon honneur. Ces mensonges ont terni mon image et je ne resterai pas les bras croisés", a-t-il averti.

La commission d'éthique avait indiqué vendredi avoir établi que Paul Put avait "enfreint l'article 21 (corruption)" de son code d'éthique, sans plus de précision sur les faits qui lui étaient reprochés.

L'enquête visait au départ Amadou Diaby et portait sur un "système de corruption mis en place durant la période mars 2018-juin 2019, et en particulier "son rôle dans la perception d'une commission de 10% sur le salaire" du sélectionneur, selon la Fédération. La Guinée avait été éliminée en 8e de finale de la CAN en Egypte par l'Algérie (3-0), futur vainqueur de la compétition, ce qui avait précipité le limogeage de son sélectionneur pour "résultat pas satisfaisant".

Paul Put, ancien entraîneur de Lokeren et du Lierse, avait été suspendu trois ans en Belgique, en 2008 pour avoir truqué des matchs en 2004-2006. Il avait entamé, au début de la même année, une nouvelle carrière en Afrique et au Proche-Orient, où il a entraîné la Gambie, le Burkina Faso, la Jordanie et le Kenya avant de rejoindre la Guinée.

La Fédération guinéenne a publié début août une petite annonce pour recruter son successeur, dont la mission sera de qualifier l'équipe nationale aux prochaines Coupes d'Afrique des nations (CAN) et du monde. Les candidats avaient jusqu'au 12 août pour présenter leur dossier.

"La fédération guinéenne essaie d'éviter les indemnités de départ"

Dimanche, son avocat Kris Luyckx a également répondu. Il pense qu'un arrangement interne a été conclu au sein de la Fédération Guinéenne de Football. "Mon client n'a pas été en mesure de se défendre", a-t-il expliqué. "Et avec l'imposition de l'énorme amende, ils essaient seulement d'éviter le paiement de l'indemnité de départ."

"Paul Put n'était pas présent à la session de cette commission disciplinaire car il avait déjà quitté la Guinée au début de cette semaine. L'accord entre lui et la fédération guinéenne de football avait déjà été rompu unilatéralement par le président de la fédération le 15 juillet après l'élimination en Coupe d'Afrique. Depuis lors, des négociations ont eu lieu pour tenter de faire payer la prime de résiliation de mon client. Aucune entente n'a finalement été trouvée, probablement en raison d'un manque de ressources financières de la part de la Fédération de football".

"Ils ont clairement attendu de savoir que Paul Put avait quitté le pays pour laisser la commission disciplinaire prendre cette décision unilatérale afin qu'il ne puisse pas se défendre contre ces accusations injustifiées, qui font partie d'un arrangement interne qui condamne également le vice-président de la Fédération guinéenne de football", a poursuivi Luyckx. "Et avec l'imposition de l'énorme amende, ils essaient seulement d'éviter le paiement de l'indemnité de départ."

"En ce qui concerne tant la décision de la commission de discipline que le non-paiement de l'indemnité de départ, j'ai été chargé d'engager une procédure devant le TAS (Tribunal arbitral du Sport), après avoir informé la Confédération Africaine de Football (CAF) et la FIFA de ces pratiques douteuses dont Paul Put a été la victime.