Wullaert, Cayman, De Caigny, Vanhaevermaet, Biesmans: les cinq fantastiques des Red Flames

De par leur statut, leur longévité, leur talent ou leur position, elles sont devenues incontournables en équipe nationale. On a épinglé cinq des Flames qui doivent tirer leur équipe vers le haut.

Wullaert, Cayman, De Caigny, Vanhaevermaet, Biesmans: les cinq fantastiques des Red Flames
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La capitaine des Red Flames n'est plus à présenter. À 29 ans, la Flandrienne est devenue le visage du football féminin en Belgique. Charismatique tant en dehors des terrains que sur les surfaces de jeu, la numéro 9 est aussi la leader technique de la sélection noir-jaune-rouge et celle qu'on écoute quand elle parle. Capable de fulgurances, de contrôles incroyables et de passes tranchantes, c'est surtout une vraie buteuse comptant 67 buts en 109 caps. Son envie dévorante de battre record après record fait d'elle la pièce maîtresse du schéma belge. Elle est d'ailleurs constamment mise sur le même pied que les autres stars de l'Euro. Son brassard l'aide évidemment mais pas seulement. Très rarement effacée dans le jeu, elle fait parler aussi sa personnalité sur le terrain, n'hésitant jamais à aller voir l'arbitre. En bonne capitaine. Ce dimanche, elle se lancera dans une nouvelle mission avec la Belgique. Celle de les mener en quarts de finale. Un objectif qu'elle compte bien atteindre une fois le premier match lancé. Son caractère bien trempé, sa personnalité bien affirmée en font une figure importante au-delà du football féminin. Ses déclarations ne passent jamais inaperçues comme quand elle passe de très près d'un nouveau Soulier d'or après avoir pourtant dominé les deux dernières saisons à Anderlecht en Super League. "La déception reste jusqu'au prochain Soulier d'or, sourit celle qui a rejoint Fortuna Sittard en Eredivisie. La seule chose que je peux faire, c'est continuer à jouer mes matchs et à donner le meilleur de moi-même." Aux Pays-Bas, elle se lancera dans un nouveau défi ambitieux mais devra à nouveau patienter avant de retrouver la Ligue des champions alors qu'elle a disputé deux finales de la plus grande compétition européenne avec Wolfsbourg.

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Janice Cayman, "le couteau-belge"

Plus en retrait sur la scène médiatique que sa capitaine, Janice Cayman, c'est surtout la recordwoman de caps (126) en sélection. Un record qu'elle a chipé il y a un an à Aline Zeler et qu'elle compte bien conserver le plus longtemps possible. Mais à bientôt 34 ans (en octobre), l'Anversoise qui a tapé dans le ballon avec Radja Nainggolan durant son enfance n'est pas prête à raccrocher les crampons pour autant et ne dirait pas non à un voyage vers l'Australie et la Nouvelle-Zélande pour le Mondial (la Belgique terminera la campagne qualificative en automne). Plus loin, elle ne se projette pas alors que la Belgique a postulé (avec l'Allemagne et les Pays-Bas) pour organiser la Coupe du monde 2027. "L'année 2027, ce sera peut-être un peu tard pour moi", rigolait-elle il y a un an. Pourtant, avec Janice, on a l'impression qu'elle suit l'évolution du bon vin en se bonifiant avec les années. Partie très jeune aux USA pour y combiner étude et projet foot, elle est entrée dans une autre dimension quand elle a rejoint Lyon en 2019 après deux saisons à Montpellier. Vainqueure de deux Ligues des champions avec l'OL, la seule Belge à avoir remporté ce trophée, elle entend bien remettre ça la saison prochaine. Maniant le français presque à la perfection, elle a réussi à devenir une figure importante des Lyonnaises malgré son "statut de super sub". Comme avec les Flames, elle peut passer de l'attaque au back sans que son rendement ne s'en retrouve diminué, lui valant le surnom, chez le Fenottes, de couteau-belge. Un qualificatif qui lui va plutôt bien et une polyvalence dont la Belgique a bien besoin. "Je jouerai où le coach a besoin de moi", affirmait-elle il y a encore quelques semaines. En automne, elle sortira un bouquin retraçant sa carrière.

À seulement 25 ans (qu'elle fêtera samedi, veille de Belgique - Islande), Tine De Caigny fait déjà partie des cadres, des noms qu'Ives Serneels inscrit directement sur sa liste au moment de devoir dévoiler une sélection. La numéro 6 des Flames est en tout cas bien partie pour battre tous les records. Si on s'attend à voir Tessa Wullaert reprendre le leadership au nombre des caps au moment où Janice Cayman rangera ses crampons, Tine De Caigny est bien partie pour lui succéder rapidement. C'est qu'à 25 ans, elle pointe déjà à 75 caps. "Elle a fait toutes les catégories d'âge aussi mais elle a la chance d'être épargnée par les blessures", nous confiait Xavier Donnay, coach des WU19.

Tantôt attaquante aux côtés de Tessa Wullaert, tantôt au milieu de terrain, la Beverenoise va là où les desseins du sélectionneur l'envoient et où son volume de jeu impressionnant lui permet d'être performante et décisive. Si les Belges ont décroché leur billet pour un deuxième Championnat d'Europe consécutif, c'est aussi grâce à celle qui avait connu une première expérience en Norvège à 18 ans dont elle ne garde pas un énorme souvenir. Avec 12 buts en huit matchs (dont 8 rien que contre la Lituanie dans les deux confrontations), celle qui évolue depuis un an à Hoffenheim en Bundesliga a d'ailleurs terminé parmi les meilleures artilleuses européennes. Si elle semble moins prolifique au compteur dans les qualifications du Mondial, une campagne dans laquelle les Flames sont engagées depuis un an, c'est en raison de son recul sur l'échiquier. Mais son apport sur le terrain reste indispensable. Peut-être pas aussi technique que ses compagnes offensives, elle a d'autres atouts en venant de la deuxième ligne : sa taille, son physique, son endurance. "Je connais mon rôle dans l'équipe, je sais que je dois beaucoup travailler quand je perds le ballon pour permettre une bonne organisation. Mon rôle, c'est aussi d'aller chercher le ballon pour que les joueuses puissent avancer", confiait-elle après la défaite en Angleterre.

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Avec 1m86, elle a plutôt un physique qui ne ferait pas tache en volley ou en basket mais c'est plutôt balle au pied que Justine Vanhaevermaet s'épanouit. Chez les Flames, elle a pris de plus en plus de place depuis quelques années. À 30 ans, elle ne compte que 34 caps, subissant la concurrence à chaque fois mais son transfert en Norvège à LSK Kvinner en 2019, après une pige en Allemagne mitigée à Sand, lui a donné plus d'assurance et lui a ouvert les joies du onze de base en équipe nationale. Une place qu'elle a confortée ces derniers mois. Celle qui a rejoint Reading (en D1 anglaise) il y a quelques mois assure devant la défense. Avec ses longues jambes, ce n'est pas forcément celle qui touche le plus de ballons et qui va affoler les défenses adverses mais sa taille est un atout. C'est surtout elle qui assure le job de premier rempart devant la défense. Contre l'Autriche en préparation, elle a d'ailleurs parcouru près de 12 km. Une belle préparation avant l'Euro qu'elle va découvrir. Il y a cinq ans, elle avait loupé l'édition néerlandaise à cause d'une blessure aux ligaments croisés alors qu'elle portait les couleurs d'Anderlecht. Cette blessure et la Super League derrière elle, lui offrant l'opportunité de faire de sa passion son métier en dehors de nos frontières, la kiné de formation, dont le compagnon est dans le staff du Club Bruges, a appris à relativiser. "Depuis cette blessure, je suis beaucoup plus forte, a déclaré le milieu de terrain à nos confrères d'HLN. Cela me motive à tirer le meilleur pour le reste de ma carrière." Sa carrière a pris le chemin vers l'Angleterre qu'elle retrouvera durant tout cet Euro. "C'est un super championnat grâce auquel j'ai pu progresser. Maintenant, je suis impatiente de jouer l'Euro. Ce sera un des points culminants de ma carrière. Le disputer en Angleterre est excitant car c'est un vrai pays de football."

Julie Biesmans, la force discrète

Si elle est épargnée par les blessures, Julie Biesmans sera bientôt la prochaine centenaire des Red Flames. Un cercle se résumant pour l'instant à Janice Cayman, Aline Zeler, Tessa Wullaert et Davina Philtjens. Avec ses 92 caps, elle pourrait même dépasser cette barrière cette année si la Belgique réalise un parcours parfait à l'Euro. Mais ce n'est pas ça le plus important. Julie Biesmans, c'est avant tout l'expérience au service du collectif. La Limbourgeoise rayonne naturellement au-delà de ses qualités sur le terrain. Tantôt sur le flanc gauche, tantôt milieu de terrain, tantôt défenseuse centrale, celle qui a joué au Standard durant neuf saisons, et qui a tout gagné en bord de Meuse, avant de partir à Bristol en 2017 pour revenir sur le continent et enchaîner une deuxième saison au PSV a un volume de jeu qui lui permet de donner l'impression parfois d'être partout sur le terrain. Du haut de ses 28 ans, Julie Biesmans est un pion essentiel à la vie du groupe. Elle fait d'ailleurs partie de la délégation (avec Tessa Wullaert et Janice Cayman) qui défend les intérêts des Red Flames auprès de la hiérarchie. Un statut qu'elle assume, comme son job sur le terrain, rangeant régulièrement son ambition de côté quand elle doit se retrouver sur le banc. C'est l'un des moteurs belges, dont les commentaires sont toujours positifs, qui a fait des sacrifices pour ne pas devoir utiliser son master en éducation et pour faire du foot son métier. "Je ne vois pas beaucoup ma famille et mes amis. Parfois ça me ronge mais c'est comme ça", confiait-elle à Het Laatste Nieuws il y a quelques semaines.

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