Seka, l'Ivoirien de l'Albert, est sorti du trou au moment où on ne l'attendait plus

MONS Et si une nouvelle histoire d'amour était née samedi entre Roméo Seka et les supporters montois ? En tout cas, l'image de l'Ivoirien, heureux et acclamé par les fans au balcon du Tondreau a marqué les esprits. Parce que la scène ponctuait une soirée fas- te, parce qu'elle marquait le retour au premier plan d'un joueur qu'on pensait fini.

"Il est trop tôt pour dire qu'il existe une histoire d'a-mour. Pour cela, il faudra que je continue à participer à la lutte pour le maintien" , tempère l'Ivoirien, auteur de quatre buts la saison dernière avec Beveren. "Mais n'allez pas croire que je ne suis pas heureux de ma soirée ! C'était la première fois que je montais sur la pelouse montoise et une minute après, sur ma première touche de balle, j'inscris ce but. C'est normal que j'y pense pas mal depuis."

À quelques exceptions près, on n'avait pratiquement jamais vu le médian de 24 ans heureux. Une attitude compréhensible dans la mesure où jusqu'à samedi, il n'avait pris part qu'à 38 misérables minutes de jeu.

"Paradoxalement, mon opération m'a permis de me remettre en question. Je me suis demandé comment j'avais pu en arriver là. J'ai alors pu compter sur le soutien d'Albert Cartier, qui n'a cessé de me dire des choses qui font du bien à entendre. Notamment qu'il avait appris à me connaître à travers mon ancien coach Edy De Bolle, qui était son adjoint au Brussels. C'est à lui, mais aussi à mes coéquipiers et à mes amis que j'ai pensé lorsque mon tir a touché les filets."

Le médian de poche nous aurait pris pour des fous si, il y a un an, on lui avait prédit un tel avenir. S'il faisait partie des stars, il était, jusqu'à samedi, considéré, à Mons, comme la cinquième roue de la charrette.

"Je venais à Mons pour élever mon niveau. Mais dès le stage aux Pays-Bas, j'ai compris que rien de bon ne m'attendait. Le président et M. Colonval m'avaient convaincu mais j'ai commencé à entendre des rumeurs, selon lesquelles José Riga ne me voulait pas. Pas étonnant puisqu'il avait des joueurs comme Dalmat, Cordaro... Me refaire une santé morale fut mon premier combat."

Aujourd'hui guéri, Roméo préfère ne pas s'emballer.

"J'aurais pu partir mais mon agent m'a conseillé de rester patient. Mon entrée face à Zulte-Waregem, si elle n'est pas suivie d'autres, ne change rien. Une chose est sûre : je ne veux pas vivre une seconde saison noire. Aucun joueur sur la Terre n'aimerait vivre ce que j'ai vécu."



© La Dernière Heure 2008