Avec neuf buts marqués en dix-huit matches (7 en championnat et 2 en Coupe de l'UEFA), il a déjà fortement imprimé sa marque


MILAN Lorsqu'il est arrivé à l'AC Milan, c'est peu dire si Ronaldinho suscitait des interrogations après deux dernières saisons fort médiocres au FC Barcelone, mais en un peu plus de trois mois, le Brésilien a mis tout le monde dans sa poche.

Certes, "Dinho" (son surnom en Italie), 28 ans, n'a pas encore retrouvé son meilleur niveau, celui des années 2005 et 2006 lorsqu'il remporta successivement le Ballon d'or et la Ligue des Champions avec le Barça. Mais il en est sur la voie, et le match au sommet de la 16e journée contre la Juventus dimanche devrait lui fournir une nouvelle occasion de le démontrer.

Avec neuf buts marqués en dix-huit matches (7 en championnat et 2 en Coupe de l'UEFA), il a déjà fortement imprimé sa marque. Après avoir démarré la saison sur le banc, il est devenu indispensable à partir de la 5e journée, lorsqu'il a marqué le but de la victoire lors du derby face à l'Inter (1-0).

Celui que l'on disait pourtant si peu assidu aux entraînements, irrégulier en match, négligeant sur la diététique et incorrigible noctambule... vraiment pas professionnel en somme, ne pouvait ainsi pas mieux démarrer et faire taire les sceptiques en inscrivant son premier but avec le Milan face au vieux rival.
Dans un effectif constellé de stars et où la concurrence en attaque est rude avec Kaka, Seedorf, Pato, Borriello, Shevchenko et Inzaghi, il a décidé de faire simple, discret et sans caprices, et de se comporter comme les autres.
"Je suis content de pouvoir faire de mon mieux même si je ne suis pas encore à 100%, expliquait-il en novembre. Depuis que je suis arrivé, tout marche à la perfection (...) Je suis heureux".

Du côté des dirigeants, accusés d'avoir engagé le Brésilien pour des motifs purement marketing - l'intéressé fait vendre des maillots - et en dépit de toute logique sportive, on jubile.

"Je suis vraiment content de l'avoir pris. Chaque match est un spectacle", se félicite le chef du gouvernement et président honoraire Silvio Berlusconi.
"Ronaldinho, ce n'est pas un pari gagnant, parce que nous, on ne fait pas de paris. On cherche des joueurs qui peuvent être utiles à notre équipe et +Dinho+ a démontré qu'il l'était, renchérit l'administrateur-délégué du club, Adriano Galliani. Mais on ne l'a pas découvert. C'était simplement un champion qui traversait un moment un peu noir".

"Ronaldinho est très bien, il est en train de faire ce que tout le monde attend d'un champion, estime de son côté l'entraîneur Carlo Ancelotti qui loue le "travail sérieux" ainsi que le "professionnalisme", vertu égarée en Catalogne et retrouvée en Lombardie, d'un "garçon timide".

"En ce moment, il est déterminant pour l'équipe, mais je suis sûr qu'il le sera encore plus dans le futur dès lors que sa condition se sera améliorée", conclut-il, en pensant forcément au match contre la Juventus.

© La Dernière Heure 2008