Chris Coleman loue la qualité des Diables mais prévient : "Rien ne nous effraie".

Là où d’autres sélections s’enferment dans un culte du secret parfois ridicule, le pays de Galles a pris le contre-pied et se montre d’une disponibilité rare. Ce lundi, Chris Coleman a répondu à la presse durant quarante minutes. Quarante minutes de conversations riches où il a été forcément beaucoup question des Diables. "Ils ont de bons joueurs sur le terrain et sur le banc qui feraient le bonheur de n’importe quelle sélection, mais rien ne nous effraie", avance le sélectionneur gallois.

Chris, vous avez remporté le dernier match entre ces deux formations. Quel impact a eu ce succès dans la construction de votre équipe ?

"C’est le match où nous avons grandi. Sur la scène internationale, il y a de longs moments où vous n’avez pas le ballon et la clef est de faire avec et de rester en place. Et quand vous le récupérez, l’idée est d’en profiter pour se créer le plus d’opportunités possible parce qu’il n’y en aura que très peu. Dans un match, en moyenne, il y a 300 périodes de transition et les matches se jouent là-dessus. Face à une grande équipe, il faut rester calme, ne pas paniquer quand vous n’avez pas le ballon pendant plusieurs minutes. Et quand vous le récupérez, vous ne pouvez pas le rendre de suite, il faut attaquer. Notre stratégie avait fonctionné ce jour-là. Avec la qualité qu’ils ont, ils ne vont pas changer de manière de jouer parce qu’ils n’en ont pas besoin. Vous savez ce qu’ils vont faire, mais cela ne veut pas dire que vous allez pouvoir les arrêter. Ils ne sont pas imbattables, nous savons que si nous sommes à notre meilleur niveau, nous pouvons leur causer des problèmes. Ils ont gagné avec la manière contre la Hongrie et ils ont l’air bien. Mais ils n’ont pas toujours joué de la sorte et ils peuvent faire des erreurs comme n’importe qui. À nous de faire que cela arrive."

Vous aviez trouvé l’antidote à Cardiff…

"Oui, mais cela ne va pas nous donner plus de confiance. On se connaît bien. Par expérience, je sais qu’il faut oublier ce qu’il s’est passé. Qu’importe l’adversaire, tout dépend de nous. Bien évidemment, il faut se concentrer sur leurs forces, ce serait stupide de ne pas le faire, mais l’essentiel du boulot nous concerne pour que nous puissions faire notre meilleur match. Contre eux, si vous ouvrez trop le jeu, ils vont rentrer comme dans du beurre. Ils vont nous étudier. Nous aussi. Mais notre équipe s’est toujours montrée à la hauteur des grands défis. La Belgique a déjà été en quart de finale d’un tournoi, c’est nouveau pour nous. Nous sommes les outsiders. Tout le monde s’attend à ce qu’ils gagnent mais le football, ce n’est pas cela…"

Que vous inspirent les critiques dont Marc Wilmots a été l’objet ?

"Les gens regardent Marc avec envie vue la qualité qu’il a dans son équipe, les choix et les changements qu’il peut faire. Ce n’est pas facile pour Marc, mais je n’aime pas trop m’occuper des autres managers et ressentir trop d’empathie à leur égard parce que cela fait partie du boulot où la concurrence est féroce."

Ses choix ont été les bons contre la Hongrie…

"Ils ont gagné 4-0 mais, à 1-0, ils ont eu des moments où ils n’étaient pas si bien. Et il faut savoir en profiter. Quand votre adversaire est à terre, il ne faut pas se gêner car lui ne se gênera pas pour vous faire mal. C’est arrivé face à la Hongrie. Ils menaient 1-0 à la mi-temps, mais cela aurait pu être 5-0. Et après, durant quinze minutes, la Hongrie a eu l’impression qu’elle pouvait faire quelque chose et puis, avec deux éclairs, c’était terminé. Donc, quand vous avez des opportunités, il faut les utiliser. Je pense qu’avec l’équipe qu’elle a, la Belgique doit faire le jeu pas pour sortir des poules mais pour aller en demi ou en finale."

Eden Hazard a été brillant sur ce match-là, comment le tenir ?

"Avec Hazard, vous pouvez passer un mois à mettre en place un schéma défensif avec votre équipe pour essayer de l’arrêter et, en une seconde, il peut tout ruiner. C’est un super-joueur. Mes hommes l’ont déjà affronté. Nous avons hâte de le retrouver. Ce sera un énorme test. Si on aura un plan pour le contrer ? Non, il n’y aura pas de plan anti-Hazard. Nous connaissons la Belgique, nous aurons notre schéma tactique en place. Hazard, oui, nous savons où il aime attaquer, les zones où il aime se rendre, il va faire des une-deux, passer le ballon et se rendre disponible. Mais que nous le sachions ne signifie pas que nous allons l’arrêter à chaque fois parce que les grands joueurs sont capables de faire des choses extraordinaires. Et lui appartient à cette catégorie. Vous savez, avec Bale, nous avons quelqu’un dans l’équipe qui est aussi capable de faire des choses spéciales Et je me souviens qu’à Bruxelles, ils nous avait beaucoup respectés. Alors que d’habitude, les deux latéraux montaient en même temps, là, ils ne l’avaient pas fait et Vertonghen était resté à son poste pour ne pas laisser d’espace à Bale."