Sergio Conceição : "Je pars avec un sentiment d'inachevé"

Football

Propos recueillis par David De Myttenaere

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Sergio Conceição :  "Je pars avec un sentiment d'inachevé"
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Le Portugais est revenu hier à Sclessin pour faire ses adieux : "Ce n'est peut-être qu'un au revoir..."

SCLESSIN Sergio Conceição est donc repassé par Sclessin, hier, une semaine après avoir signé au Koweït, à Al-Qadissya.

"En fait, Sergio a prolongé au Standard pour trois ans" , commence Frédéric Leidgens, le team manager .

"C'est ça, aux mêmes conditions qu'au Koweït" , rigole le Portugais, très décontracté.

"Je suis triste de partir car j'ai passé trois années fantastiques ici. Dès le premier jour, j'avais un accord avec la direction : quand je le voulais, je pouvais partir. J'ai eu des offres la première année mais je suis resté car le Standard c'est comme ma famille. C'est le club qui m'a donné le plus de plaisir de jouer de toute ma carrière. Grâce, aussi, au fabuleux public et à toutes les personnes que j'ai rencontrées à Liège et en Belgique. Oui, je suis triste de partir. Mais à 32 ans, je dois penser au futur de ma famille."

C'est un choix financier ?

"En partie, évidemment. L'argent, c'est important. Mais je voulais aussi relever un nouveau défi. Je veux tout faire pour aider mon nouveau club à gagner, surtout la Coupe d'Asie. Pour le moment, j'ai signé un contrat d'un an. Je ne voulais pas plus car je veux d'abord voir si je m'adapte. C'est une autre culture, une autre langue... mais je ne m'inquiète pas car le foot est international. Et puis, ma femme et mes quatre fils m'accompagnent au Koweït."

Si vous n'aviez pas été à Al-Qadissya, vous seriez allé à Braga ?

"Non. Sans cette excellente offre du Koweït, je serais resté au Standard. J'avais aussi une offre en Espagne. Mais quand je mettais ces offres dans la balance, le Standard restait la priorité."

Que ferez-vous après cette année de contrat au Koweït ?

"On verra. J'ai dit, avant la finale de la Coupe de Belgique, que je voulais encore jouer trois ou quatre ans à un bon niveau. Peut-être que je reviendrai, peut-être que ce n'est qu'un au revoir."

Votre décision était-elle prise avant la finale de la Coupe de Belgique ? Et la défaite contre Bruges a-t-elle influencé votre choix ?

"Non, je n'étais pas encore décidé. Si on avait remporté la Coupe, il y avait sans doute plus de chances que je reste. Je pars avec un sentiment d'inachevé. On a perdu cette finale alors qu'on était capable de faire mieux. Et la saison précédente, on a raté le titre d'un cheveu. J'ai été champion en Italie, j'ai remporté trois titres du Portugal... mais ce titre-ci aurait eu une saveur différente."

Les supporters sont tristes de ne pas avoir pu vous offrir les adieux que vous méritiez.

"Moi aussi j'aurais voulu leur dire... au revoir. Et peut-être à dans un an, qui sait ? Je vais voir avec la direction pour essayer de mettre quelque chose sur pied avec les supporters."

Quel message voulez-vous adresser au public rouche ?

"Continuez à soutenir le Standard comme vous le faites lors de chaque match. S'il y avait un championnat des supporters, le Standard serait champion chaque année ! C'est le meilleur public que j'aie connu. Même mieux qu'à la Lazio, où les supporters sont pourtant déjà fantastiques."

Milan Jovanovic nous disait cette semaine qu'il était inquiet en vo- yant tous les grands joueurs d'expérience s'en aller : vous, Rapaic, Sa Pinto, Deflandre, Geraerts.

"Mais avec tous ces grands joueurs, moi y compris, le Standard n'a rien gagné en trois ans ! Milan Jovanovic a sans doute un bel avenir devant lui. Mais pour le moment, il est joueur du Standard, il doit respecter les choix de la direction et lui-même apporter encore davantage. Le Standard a tout ce qu'il faut pour gagner quelque chose."

Grâce à votre présence, le Standard a pu convaincre plus facilement certains joueurs de signer...

"Le Standard n'a pas besoin de Conceição, de Rapaic ou d'autres jou- eurs pour faire venir un jou- eur ou pour avoir la grinta. C'est un des plus grands clubs de Belgique, cela suffit amplement comme argument."

Quel est le moment qui vous a le plus marqué ?

"L'histoire du maillot... (rires). Non. C'est quand Michel (Preud'homme) m'a remis le Soulier d'Or. J'ai aussi été élu meilleur joueur du Portugal, en 1998, mais cette récompense-ci était plus forte."



© La Dernière Heure 2007

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