Pauline était en larmes hier : "À 14 ans, je voulais en finir mais il m'a fait changer d'avis"

SCLESSIN "Sergio en sauveur."

Un titre qui est revenu souvent ces trois dernières saisons. On ne pensait pas si bien dire. Hier, ces mots ont pris tout leur sens lorsque nous avons croisé Pauline. Cette Namuroise de 17 ans s'était levée à 6 h, hier matin, pour se rendre à l'Académie Robert Louis-Dreyfus. Elle était effondrée en attendant la sortie, définitive, de son Sergio.

"On peut dire que je suis une fan, oui. Pourquoi ? Sergio m'a sauvé la vie" , explique la jeune fille, en larmes. "À 14 ans, je voulais en finir. Il est arrivé au Standard et il m'a directement fait changer d'avis. Quand je l'ai vu à la télé, j'ai décidé qu'il me fallait une photo avec lui. Depuis, j'ai des tas de photos de lui et avec lui mais je n'ai plus jamais eu envie de sauter..."

Inutile de préciser que le départ du Maestro bouleverse Pauline.

"Il n'y a pas de mot pour décrire ce que je ressens. Il avait déjà évoqué son départ en janvier. À l'époque, je n'en ai pas parlé avec lui. C'est Ricardo Sa Pinto qui a séché mes larmes. En mai, quand le sujet est revenu dans la presse, j'en ai parlé avec Sergio. Il m'a dit qu'il ne savait pas encore s'il allait partir. Je m'étais préparée à son départ. Mais quand j'ai vu dans votre journal les photos de sa signature, avec sa vareuse, cela m'a fait terriblement mal. J'ai pété un plomb : j'ai déchiré toutes les photos, j'ai mis mon drapeau du Portugal, sa vareuse et une photo dédicacée dans un sac-poubelle... Je regrette : je vais réimprimer toutes les photos."

Pauline ne pensait plus revoir le Portugais : "J'ai entendu parler de la conférence de presse qu'il allait donner ce mardi. Mais je ne savais pas s'il la donnait au Koweït, au Portugal ou ici. Mais je suis venue. Quand je l'ai vu, j'ai crié et j'ai commencé à pleurer... Je ne sais plus m'arrêter."

La supportrice rouche insiste : "Il y a de l'amour dans ce que je ressens mais pas de sentiments amoureux. Il était mon repère depuis trois ans. Quand je pleurais, je retrouvais le sourire en regardant une photo de lui. J'ai mis tous mes espoirs en lui, j'étais fière de lui. J'étais mal quand il était mal. Même physiquement : un jour, alors que j'étais en cours, j'ai eu mal au genou. En rentrant de l'école, j'ai regardé sur le site et j'ai vu qu'il s'était blessé au genou."

Pauline est souvent venue aux entraînements et aux matches pour croiser Sergio Conceição : "Un jour, je l'ai regardé droit dans les yeux et je lui ai promis de ne jamais le laisser tomber. Il m'a répondu : J'ai fait beaucoup de clubs, j'ai eu beaucoup de supporters mais quelqu'un comme toi, jamais."

L'épisode du maillot jeté à la figure de l'arbitre Vervecken a aussi marqué la jeune fille : "J'en ai fait des nuits blanches en attendant la sanction. Je ne parlais plus, je ne mangeais plus, je ne souriais plus."

Pauline mettra encore du temps à digérer le départ du Maestro ... en espérant son retour.



© La Dernière Heure 2007