Hasard du calendrier, c’est en Albanie que la Suisse a validé son passeport pour le Brésil. Avec, dans ses rangs, des noms comme Granit Xhaka, Valon Behrami, Admir Mehmedi, Blerim Dzemaili, Pajtim Kasami ou Xherdan Shaqiri, l’auteur du premier but lors du match décisif à Tirana.

Des gars qui, contrairement à Adnan Junuzaj, n’ont pas hésité au moment de choisir la couleur du drapeau qu’ils allaient défendre.

Né voici 22 ans à Gnjilane, au Kosovo, Xherdan Shaqiri était encore tout petit (il l’est toujours puisqu’il mesure 1,69 m...) lorsque ses parents se sont réfugiés en Suisse, au moment où la Yougoslavie se déchira.

Comme le Kosovo n’est pas reconnu par la Fifa, nombreux sont ceux qui pensent qu’il aurait dû opter pour l’équipe nationale d’Albanie. Lui, il a préféré se montrer reconnaissant envers son pays d’accueil, ce qui ne l’empêche pas de garder du cœur pour ses racines.

Vendredi, avant le match décisif dans lequel il laissa son empreinte, il avait ainsi publié sur son compte Twitter une photo de sa chaussure frappée des drapeaux de l’Albanie, du Kosovo et de la Suisse. Malheureusement, tout le monde ne fait pas preuve d’une telle ouverture. Au cours du match aller, à Lucerne, les supporters suisses avaient sifflé les six joueurs d’origine albanaise que compte la Nati.

Et avant la rencontre de Tirana, des groupes ultranationalistes albanais multiplièrent les appels pour que les mêmes joueurs s’abstiennent de jouer.

"Vous feriez mieux de ne pas affronter les gens de votre race car, en cas de mauvaise prestation, vous passerez pour des traîtres aux yeux des Suisses. Et dans le cas contraire, vos compatriotes utiliseront le même terme à votre égard", avait communiqué l’un d’entre eux.

On estime que 200.000 Albanais vivent en Suisse mais que 99 % d’entre eux sont d’origine kosovare ou macédonienne.