Le commentateur vedette de Canal+ Stéphane Guy, mis à pied pour avoir exprimé son soutien à l'humoriste Sébastien Thoen, a été finalement licencié, a indiqué jeudi la chaîne cryptée, confirmant des informations de presse.

"Oui, nous confirmons. Nous ne faisons pas d'autres commentaires", a indiqué une porte-parole de la chaîne.

"C'est un jour de profonde tristesse", a réagi le journaliste, contacté par l'AFP. Entré à Canal+ en 1997, il était notamment connu pour commenter les matchs du championnat de France de football.

Cette annonce a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

"On n'a jamais été amis. Ni même proches. Ces mots de soutien à Stéphane sont donc gratuits, sincères, effarés. Et pour tout dire, consternés", a réagi Nathalie Iannetta, consultante sports pour TF1.

Le joueur du Montpellier HSC Andy Delort a apporté son "soutien à Stéphane Guy", tout en se demandant s'il risquait "quelque chose", en agissant ainsi.

A l'origine de son licenciement: le soutien apporté par Stéphane Guy à l'humoriste Sébastien Thoen, chroniqueur du "Canal Football Club", renvoyé récemment par Canal+.

Avant un match qu'il commentait il y a deux semaines, il avait rendu hommage à son "ami", estimant qu'il n'avait "pas eu la sortie qu'il aurait méritée".

Sébastien Thoen, qui outre son rôle de chroniqueur animait aussi le "Journal du hard", a été renvoyé fin novembre de la chaîne après avoir participé à un sketch qui parodiait l'émission de Pascal Praud sur CNews "L'heure des pros".

La parodie avait été diffusée sur le site de paris sportifs Winamax et avait remporté un franc succès sur les réseaux sociaux.

L'animateur était pour ce sketch aux côtés de ses anciens camarades d'"Action discrète" (son ancienne émission sur Canal+), Julien Cazarre et Thomas Séraphine.

Le sketch reprenait l'identité visuelle de l'émission de CNews et moquait en particulier son présentateur Pascal Praud, rebaptisé "Pascal Prono", en mêlant des considérations footballistiques et des sujets régulièrement abordés sur CNews, comme l'immigration et le djihadisme.

Le renvoi de Sébastien Thoen avait suscité l'indignation de nombreux journalistes en interne. Près de 150 collaborateurs de Canal+ avaient dénoncé cette "éviction" et invoqué "la liberté d'expression, de caricature et de parodie".

Le directeur des antennes et des programmes de Canal+, Gérald-Brice Viret, avait pour sa part justifié ce renvoi, car le chroniqueur s'était affiché dans ce sketch avec une personne qui "dénigre constamment" les équipes de la chaîne et avait "légitimé" ses propos, une allusion à l'humoriste Julien Cazarre.

Les chaînes Canal+ et CNews appartiennent toutes deux au groupe Canal+, dont la maison mère Vivendi est contrôlée par Vincent Bolloré.