Leur rivalité a souvent accouché de matches passionnés et passionnants. Et un intermède de 497 jours n’a pas été suffissant pour altérer la magie qui se dégage des affrontements entre José Mourinho et Pep Guardiola.

Des inspirations, des réajustements tactiques payants, de l’engagement, des rebondissements, la dramaturgie des retrouvailles entre les deux techniciens a épousé celle des clasicos. Avec une différence de taille et un accent belge qui a teinté la soirée. Pour le pire pour Lukaku. Pour le meilleur pour Hazard.

Il fallait voir Van Buyten, resté sur le banc, et David Luiz aller consoler l’ancien Anderlechtois après son échec lors de la séance des tirs au but pour comprendre sa détresse et espérer qu’elle s’en ira très vite. Une image qui prend le pas sur cette scène de joie entre Lukaku et Hazard.

Comment le Brainois ne pouvait-il pas briller le soir où il jouait dans l’Eden Arena ?

Impossible pour lui de s’esquiver. Mais, sous les yeux de Marc Wilmots qui a croisé en tribunes Kevin De Bruyne, Hazard a répondu présent quand Chelsea en a eu le plus besoin, comme les grands joueurs savent être ponctuels dans ce type de rendez-vous.

Quand les Blues souffraient, réduits à 10 après l’exclusion de Ramires (86e), contraints à la prolongation alors qu’ils avaient été les plus dangereux mais qu’ils avaient échoué sur Neuer par Oscar (64e) et David Luiz (85e) ou sur sa barre via Ivanovic (79e), Hazard a fait la différence. Tout seul. Comme un grand. Comme pour donner plus de relief à ses paroles prononcées après le match contre la France, quand il avait estimé "ne rien avoir à envier à Ribéry".

En un coup de reins, le Diable, venu de la gauche, a navigué dans la défense allemande pour rentrer sur son pied droit et tromper Neuer (93e). Un but qui restera comme l’une des images de cette soirée qui avait débuté par la confirmation des propos tenus par Guardiola la veille.

"Mourinho est le maître de la contre-attaque", avait lancé le Catalan qui a pu constater qu’en 13 secondes, Chelsea a avalé 80 mètres entre une touche d’Ivanovic, une remise de Torres, une folle accélération d’Hazard et un ballon glissé à Schürrle auteur d’un centre parfait pour Torres avec une finition dans le même ton (8e).

Une attaque éclair comme pour mieux mettre en lumière ce que le Bayern a mis une mi-temps à retrouver : de la vitesse et de la spontanéité dans ses transmissions de retour dans son jeu en même temps que son 4-2-3-1 pour rendre son jeu de passes moins stérile et permettre à Ribéry d’égaliser logiquement. (47e). Mais la rouge de Ramires a acculé les Blues. Et Cech a multiplié les miracles devant Mandukic, Javi Martinez (108e), Götze (114e) et Ribéry (118e) avant de céder devant l’Espagnol (120e). Comme un présage de cette douloureuse séance de tir au but.