Football

Suarez n'est pas autorisé à rester au camp de base

Luis Suarez, suspendu 9 matches et interdit pour 4 mois de toute activité liée au football, n'est pas autorisé à rester au camp de base de l'Uruguay, a précisé jeudi la Fifa.

Luis Suarez, attaquant de l'Uruguay avait mordu un adversaire lors d'un match du Mondial-2014 au Brésil.

Suarez, dont l'équipe est qualifiée pour les 8e de finale, avait mordu à une épaule le défenseur italien Giorgio Chiellini sans être sanctionné pendant le match. C'est la plus lourde sanction du genre prise dans le cadre d'une Coupe du monde pour un incident entre joueurs.

Les 9 matches de suspension s'appliquent à son équipe nationale, l'Uruguay. Mais l'interdiction de quatre mois d'activités liées au football l'empêcheront de jouer avec son club, Liverpool.

"Un tel comportement (mordre un adversaire, ndlr) ne peut être toléré sur un terrain de foot et en particulier pendant une Coupe du monde quand les yeux de millions de personnes sont braqués sur les vedettes sur le terrain", a déclaré Claudio Sulser, président de la commission de discipline, indépendante, de la Fifa, dans un communiqué.

Le seul précédent comparable s'était déroulé au cours du Mondial 1994 aux Etats-Unis, l'Italien Mauro Tassotti avait asséné un violent coup de coude à l'Espagnol Luis Enrique, qui avait eu le nez fracturé. Le coupable avait terminé le match sans être sanctionné, mais il avait ensuite écopé de huit matches de suspension après une procédure exceptionnelle de la Fifa.

La sanction contre "le Cannibale", un de ses surnoms, Suarez est donc beaucoup plus lourde. L'Uruguay peut faire appel, mais il ne sera pas suspensif.

L'incident s'était produit mardi à la 80e minute d'Italie-Uruguay (0-1). On distingue sur les images TV le joueur de Liverpool s'approcher par derrière et planter ses dents dans l'épaule du défenseur italien adverse.

L'action s'est déroulée dans le dos de l'arbitre, qui n'a rien vu. Mais les caméras ont tout capté.

La Fifa avait rappelé le jour de l'incident que sa commission de discipline, indépendante, est habilitée à sanctionner les infractions qui auraient échappé à l'arbitre pendant un match.

Le joueur s'était défendu naïvement en disant qu'il avait "buté" sur Giorgio Chellini. Le "Pistolero" de Liverpool avait reçu mercredi soir deux soutiens de poids. Le chef de l'Etat uruguayen José Mujica avait lui même pris sa défense en déclarant qu'il n'avait vu le joueur "mordre personne". Peu avant, le président de la Fédération uruguayenne, avait estimé qu'il "n'y (avait) pas de preuve suffisante" pour le sanctionner.

Le joueur est pourtant un récidiviste. Déjà en 2010, alors qu'il jouait pour l'Ajax d'Amsterdam, Suarez a été suspendu sept matches de championnat des Pays-Bas pour avoir mordu un joueur du PSV Eindhoven, Otman Bakkal. Il avait gagné le surnom de "Cannibale de l'Ajax".

La Fédération anglaise l'a également suspendu dix matches, sous le maillot de Liverpool, pour avoir mordu au bras un adversaire, Branislav Ivanovic (Chelsea) en 2013.

Les faits en vidéo

Liverpool attend le rapport de la FIFA avant de réagir à la suspension de Suárez

Concerné par la suspension de neuf matches internationaux et quatre mois de toute compétition liée au football infligée à son attaquant Luis Suarez, le FC Liverpool n'a pas voulu faire de commentaires.

Son directeur général, Ian Ayre, a déclaré dans un communiqué que "Liverpool va attendre d'avoir rencontré la commission disciplinaire de la FIFA et vu le rapport de celle-ci avant de faire un quelconque commentaire."

En principe, vu que Suarez ne "peut plus participer à aucune activité liée au football pendant quatre mois", il ne devrait pas pouvoir jouer avec Liverpool pendant cette période.

Sanction "disproportionnée" selon la Fédération uruguayenne

La sanction prise par la Fifa contre l'attaquant Luis Suarez pour avoir mordu un adversaire au Mondial a été qualifiée jeudi de "disproportionnée" pour la ministre des Sports de l'Uruguay Liliam Kechichiana, alors que la Fédération locale de football va faire appel.

"Nous sommes blessés par la sanction disproportionnée", a écrit la ministre sur son compte Twitter, indiquant qu'elle rencontrerait dans la journée le président de la République José Mujica pour analyser la situation.

Dans la foulée, le président de la Fédération uruguayenne (AUF) Wilmar Valdez a évoqué devant la presse une sanction "exagérée" et annoncé son intention de faire appel le jour-même.

"L'AUF déposera un appel aujourd'hui (jeudi)", a indiqué M. Valdez. "Je respecte la décision mais elle est totalement exagérée", a-t-il ajouté. Cet appel n'est pas suspensif.

"C'est un sujet très compliqué pour nous. Il n'y a pas de preuve évidente pour prendre une sanction si dure. Nous avons dit au président de la Fifa que l'Uruguay ne demande aucun privilège (...). Nous avons vu des matches plus agressifs et la Fifa n'a pas réagi avec autant de sévérité", a poursuivi M. Valdez.

Mercredi, c'est le président uruguayen qui avait pris la défense du joueur -récidiviste- affirmant qu'il ne l'avait "vu mordre personne".