La séquence indigne l'Italie depuis quelques jours. La journaliste sportive italienne, Greta Beccaglia, a été victime d'une agression sexuelle en plein direct sur la chaîne Toscana TV samedi soir dernier. Alors qu'elle faisait le compte-rendu du match de football Empoli-Fiorentina en duplex devant le stade, un supporter a craché dans sa main avant de lui frapper violemment les fesses. Abasourdie, la journaliste interpelle son agresseur : "Excuse-moi, tu ne peux pas faire ça". Un autre homme, ayant vu la scène, essayera de faire la même chose.

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux, et la Une des médias, provoquant l'indignation des Italiens. Des images d'autant plus choquantes que ce week-end là, les matches du championnat italien avaient pour thème la lutte contre les violences faites aux femmes. "Ceci est une chose inacceptable surtout en 2021", a réagi ensuite Greta Beccaglia sur ses réseaux sociaux. "Ce ne fut pas un direct très sympa pour moi. Il faut dénoncer ces actes, personne ne peut se permettre de toucher sans le consentement"

Ce qui a aussi indigné, c'est la réaction du présentateur sur le plateau, Giorgio Micheletti, qui n'a pas pris la défense de sa collègue. "Ne te fâche pas", dit-il à plusieurs reprises dans la séquence. Le journaliste s'est ensuite excusé publiquement de ne pas avoir réagi : "Je n'ai pas eu un comportement adéquat sur le moment", a-t-il déclaré à l'antenne. La chaîne Toscana TV l'a suspendu. "Notre journaliste en studio a fait une erreur, il a utilisé le mauvais langage, les mauvais mots", a expliqué le rédacteur en chef, Mauro Talluri, tout en apportant son soutien à Greta Beccaglia. "Nous paierons les frais juridiques auxquels elle devra faire face et nous la soutiendrons de toutes les manières possibles", a-t-il promis.

La journaliste a décidé de porter plainte pour violences sexuelles, et le parquet de Florence a ouvert une enquête. L'auteur a été retrouvé : il s'agit d'Andrea Serrani, un père de famille d'une quarantaine d'années. Ce mardi, il a écopé de trois ans d'interdiction de stade, et a présenté ses excuses dans la presse italienne, justifiant son geste par la colère provoquée par la défaite de son équipe.

"Je me suis sentie outragée, violée. Pour cette personne, j’étais comme un poteau à frapper pour évacuer sa colère", a confié Greta Beccaglia au journal Corriere della Sera. "C’est un geste grave, pourtant il ne le comprend pas. C’est pour ça que j’ai déposé plainte, pour toutes les femmes qui, elles, subissent des violences loin des caméras, sans le soutien dont je bénéficie".