Van Buyten: "Pour réussir, il faut 50 % de chance, 50 % de qualité"

Football

B. Vt

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Alain Van Buyten aurait pu avoir le même destin que son frère Daniel

LA LOUVIÈRE "Si j'avais le pouvoir de changer une chose dans ma vie ?" s'interroge Alain Van Buyten, le grand frère de Daniel. "Je n'irais simplement pas au contact ce jour-là !"

Ce jour-là, c'est en fin de saison 1997-1998, quand Daniel et Alain Van Buyten séduisaient les observateurs - Robert Waseige en tête - avec les Espoirs du Sporting. "Mon frère et moi devions monter dans le noyau A mais ma blessure à la cheville a freiné ma progression. On a décidé de me laisser une saison supplémentaire avec les Espoirs pour juger comment mon cas évoluerait. Cette blessure, finalement, m'a fait perdre deux ans. À la fin de ma deuxième saison au Sporting, je me suis interrogé sur l'orientation à donner à ma carrière. Robert Waseige m'a dit qu'il m'intégrerait au noyau A mais que je devais voir avec Luka Peruzovic qui prenait sa succession. Celui-ci a tenu un autre discours, estimant qu'il avait déjà assez de jeunes dans un noyau où il voulait davantage de joueurs expérimentés. Dès lors, j'ai opté pour les Francs Borains. On apprend davantage en jouant entre hommes."

La carrière du frère de Big Dan ne va jamais rebondir comme il l'aurait souhaité, malgré des passages par l'Olympic, Strombeek (futur Brussels quand il allait suivre Dany Ost) et, maintenant, La Louvière. "Une carrière, c'est 50 % de chance, 50 % de qualité. Dans la chance, il y a les bonnes rencontres. Mon frère et moi nous en avons eu avec Georges De Coster, malheureusement récemment décédé, que nous avons suivi d'Auvelais à Somzée. Avec Claude Simon, notre entraîneur à Froidchapelle, qui nous a demandé d'être ses cobayes pour une session pratique au cours d'entraîneur qu'il passait au Heysel. Comme aucun candidat au diplôme d'entraîneur n'avait pris de joueurs pour ses démonstrations de 9 h à 15 h, nous nous sommes pliés à divers exercices. Michel Bertinchamps nous a repérés et nous a demandé de passer un test avec Charleroi contre Walcourt. Robert Waseige y assistait."

Et tout s'emballe. Jusqu'à cette fameuse blessure et la séparation des deux frères. La première, qui devint définitive.

"À l'époque, nous avions à peu près le même niveau , estime Alain. D'après l'entraîneur et mon père, j'étais même un cran au-dessus de Daniel mais c'est difficile de juger si j'étais plus fort. Mon frère était alors en pleine croissance. Disons que je connaissais une meilleure période que lui."

Big Dan s'améliorera et connaît la carrière qui est actuellement la sien- ne. Alain a stagné, voire régressé. Une pointe de jalousie ? "On me le demande souvent mais non. Pourquoi éprouverais-je ce sentiment ? Au contraire, je suis fier de ce qu'il accomplit. Oui, j'ai des regrets par rapport à ma situation mais nos deux destins n'étaient pas liés. Il a travaillé dur pour arriver où il est maintenant."

Parrain de la fille d'Alain - Séléna -, Daniel voit quand il le peut son frère : "Nous sommes devenus plus proches avec la distance. Avant qu'il ne parte à l'étranger, nous étions moins complices. Peut-être que nous avons davantage besoin de nous confier. Peut-être que l'âge nous a rendus plus matures et que la petite rivalité qui existe toujours entre frères s'est estompée."



© La Dernière Heure 2008

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