David Villa vient d’enchaîner sept saisons de Liga espagnole à vingt buts de moyenne


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JO’BOURG Pour qu’il prenne la place d’Ibrahimovic dans un style de jeu qui lui conviendra mieux qu’au Suédois, Le FC Barcelone n’a pas déboursé 94 millions d’euros pour lui. Seulement 40. Avec tout juste l’Euro 2008 et deux Coupes d’Espagne, sans même un titre de meilleur buteur de Liga , il n’a pas un palmarès comparable à celui de Cristiano Ronaldo.

Mais à la bourse des valeurs des buteurs, David Villa (28 ans) écrase son compère portugais. Aux 23 buts en 75 sélections de CR7 , il oppose 41 réalisations en 61 matches et un titre de meilleur buteur de l’Euro 2008.

Son efficacité n’a d’égal que sa régularité. Sur les sept dernières saisons, passées sous le maillot de Saragosse ou de Valence, il n’est jamais descendu sous la barre des quinze buts. Il a même dépassé à deux reprises celle des vingt-cinq pour un total de 140 buts en Liga . Une moyenne parfaite de 20 par saison.

“Je préfère voir mon équipe gagner que marquer un but” , assure-t-il. Cela tombe bien car avec 50 victoires en 61 sélections, il emmène aussi la Roja vers les sommets. “Mais je dois admettre qu’entrer dans l’histoire de la sélection ne me laisse pas indifférent. Je l’ai déjà fait en devenant le meilleur buteur de l’Espagne en Coupe du Monde, mais je vise désormais le record de Raul dont je ne suis qu’à trois buts. Pourquoi pas dès ce tournoi ?”

Avec son gabarit de poids léger qui ne l’empêche pas d’être maître dans l’art de conserver le ballon, une aura limitée, sa modestie et rien d’un caractère bling-bling , El Guajo (“le gamin” ) n’a pas la prétention d’être une vedette. En sélection, il accepte sans broncher de se décaler sur le flanc gauche pour laisser une place à un Fernando Torres qui cherche pourtant la grande forme.

Complet et à l’aise techniquement, comme l’a encore démontré son but contre le Chili, il n’y perd pas son rendement. “La concentration et la technique, ça se travaille. Pas le mental pour marquer. Le sens du but, on l’a ou on ne l’a pas. Je suis né avec.”

Une fracture du fémur droit quand il était gamin lui a même offert l’occasion de rendre son pied gauche aussi efficace que son droit.

Il tire même les penalties des deux pieds...

Élu trois fois homme du match en poule, Cristiano Ronaldo n’a pourtant pas encore convaincu

MAGALIESBOURG S’il décide de mettre très tôt un terme à sa carrière, Cristiano Ronaldo pourra toujours apprendre l’art du djembé. La Fifa lui en déjà décerné trois au titre d’homme du match contre la Côte d’Ivoire, la Corée du Nord puis le Brésil.

Certes, la Selecçaõ se repose toujours autant sur CR7 mais ces trois élections surprennent. Alors qu’il se charge en bonne partie de l’animation offensive d’une équipe qui n’a encaissé que trois buts sur les dix-huit derniers matches, le Portugal est resté muet contre les Ivoiriens (et il ne s’est montré que via une frappe sur le poteau) et les Brésiliens (avec un jeu peu offensif) alors qu’il ne fut pas le joueur le plus en vue face à la Corée du Nord où il avait néanmoins mis fin à deux ans sans but en sélection.

Comment expliquer ce plébiscite ? La désignation revient pour la première fois uniquement aux internautes. Et sa popularité, son charisme et son charme l’aident à convaincre les votants si un autre joueur n’a pas éclaboussé le match de sa classe. “On sait quel joueur il est et on sait aussi que dans le football, il n’y a pas de justice” , s’est plaint Lucio, sans doute le meilleur joueur de Brésil - Portugal.

En attendant, le Portugal compte beaucoup sur son artiste aux pieds d’or. Ce soir, il a une occasion unique de faire taire ceux qui lui rappellent qu’il attend un but en sélection contre une gran- de équipe depuis la demi-finale de l’Euro 2004 contre les Pays-Bas. Mais, dans la sélection actuelle, il ne peut pas compter sur le travail de sape d’Higuain ou, comme par le passé, de Rooney et de Nuno Gomes.

“La pression est plus importante avec le Portugal qu’avec le Real Madrid” , tente-t-il pour expliquer son improductivité. “En club, elle repose sur plusieurs épaules alors que j’en assume la majeure partie ici. Mais porter le brassard me rend heureux et fier.”

Tellement qu’il surjoue un peu trop, voulant tout faire là où Lionel Messi, dans l’ombre (sportive pas médiatique) duquel il vit depuis près de deux ans, privilégie toujours le collectif. “Si tout le monde en faisait autant que moi, nous aurions fait d’autres résultats” , avait-il d’ailleurs lancé à la cantonade avant le Mondial.



© La Dernière Heure 2010