Malgré les nombreux policiers et les menaces de Michel Platini de possible exclusion de la compétition en cas de débordements racistes ou nationalistes, les tribunes du Marakana de Belgrade devraient être le théâtre de chants anticroates. "On ne sait pas contrôler ça", intervient le journaliste Aleksandar Joksic. "À l’aller, on a entendu de nombreuses insultes, mais ça n’a pas été plus loin."

À Zagreb, le public croate hurlait qu’il fallait "tuer les Serbes" jusqu’au but d’ouverture à la 23e minute (succès final 2-0). "Vous avez de la chance de ne pas comprendre notre langue car ça risque de ne pas être beau non plus vendredi", sourit Joksic. "Il y a un chant souvent repris en Serbie par les fans les plus chauds qui dit que "les Croates doivent être égorgés". Heureusement, cela ne reste que des paroles."

Le moment des hymnes nationaux sera aussi particulier. "Tout le stade chantera notre hymne, mais je peux vous assurer que vous n’entendrez pas celui des Croates. Ce sera un concert assourdissant de sifflets."

Les joueurs auront, eux, pour consigne de respecter l’hymne croate. "Depuis son arrivée à la tête de l’équipe serbe, Sinisa Mihajlovic a exigé que tous les joueurs chantent notre hymne et applaudissent l’hymne adverse. Celui qui ne le fait pas est exclu de la sélection. Et ce ne sont pas des paroles en l’air : Adam Ljajic (AS Rome) a refusé de chanter et est resté longtemps sur la touche."

Mihajlovic a ajouté une consigne spéciale pour cette rencontre face à la Croatie. Le joueur qui prendra un carton rouge pour une faute méchante ou antisportive sera exclu à vie de la sélection serbe !