Comme à chaque fois ou presque, le président borain, Pierre Wuilquot, est descendu dans le vestiaire pour venir adresser un petit mot au groupe après le match, le pas étant moins assuré encore que d’habitude et il ne faut pas être devin pour savoir pourquoi. La vente du matricule, inéluctable aujourd’hui, ne fait forcément pas que des heureux et il existe un certain malaise entre les joueurs et le staff d’un côté, la direction de l’autre.

"C’est un sacré pied de nez au destin que cette victoire", déclare celui à qui on avait confié la présidence ad interim après le départ d’André Arbonnier mais qui est toujours là. "Cela prouve que, sportivement, notre équipe tient la route, même si je n’en ai jamais douté."

Mais voilà , l’aspect sportif ne reste qu’une (petite) composante dans la gestion d’un club de foot et la D2, c’est bel et bien fini. "On peut en effet affirmer que toutes les pistes autres que celle menant à Seraing sont éteintes aujourd’hui. La dernière en date, avec Freddy Smets, a capoté en toute fin de parcours à cause du volet financier. Nous avions pourtant été très loin dans cette voie."

L’avenir est plus que jamais incertain à Boussu-Bois, même si la fin de l’activité en D2 est, quant à elle, certaine. "Il y a dans notre accord avec Seraing une clause qui nous garantit un matricule en nationale, idéalement en D3. Et s’il n’y avait pas de matricule disponible ? C’est en effet un risque que nous avons pris mais que pouvions-nous faire d’autre ? Aller jusqu’à la faillite ?"

Le sentiment du président ? Il est plutôt double. "C’est à la fois une énorme déception et un gros soulagement. Le foot était devenu un véritable calvaire pour les quelques personnes qui s’investissaient encore ici. C’était un exemple de réussite dans une région sinistrée, mais c’est devenu un échec, à l’image du reste. C’est ce qui me peine le plus..."