Le Premier ministre belge défendra le dossier jeudi prochain devant le Comité Exécutif de la Fifa

BRUXELLES En compagnie de Ruud Gullit (le président de la candidature), de Johan Cruijff (la figure la plus emblématique du milieu qui soutient la candidature), de Mark Rutte (le Premier ministre néerlandais) et, peut-être, de l’un ou l’autre supplémentaire, Yves Leterme, en sa qualité de Premier ministre, fera partie des intervenants qui défendront oralement, jeudi à 9h soit quelques heures avant le vote, une dernière fois le dossier de la candidature belgo-néerlandaise.

À ce niveau-là, la situation arrange bien les représentants de la candidature qui voient d’un bon œil qu’un véritable passionné de ballon rond, impliqué depuis de longues années, défend le dossier.

Monsieur Leterme, quel est votre sentiment alors que le Jour J approche ?

“Tout ce qui a déjà été entrepris mérite le respect et tout le mérite en revient à ceux qui ont poussé The HollandBelgium Bid et qui ont cru en cette candidature entièrement soutenue par le gouvernement. Il est si facile de démolir et de critiquer que ceux qui ont fait les efforts méritent la gratitude et le respect. On peut se montrer critiques mais soyons-le de manière positive. Jeudi, nous serons tous de grands supporters de ce dossier. J’assurerai une dernière fois jeudi que tout le pays soutient ce projet et que l’ensemble du monde politique apportera les garanties nécessaires. Et même si nous n’obtenons pas cette organisation, nous veillerons à ce qu’il y ait des suites positives.”

Combien de chances donnez-vous au dossier belgo-néerlandais ?

“25 %. Il y a quatre candidats. Ces derniers temps, il est régulièrement question de fair-play. Si ce concept est vraiment pris comme un argument, on a de grandes chances.”

L’instabilité politique n’est-elle pas un sérieux inconvénient ?

“J’ai pu me rendre compte lors de mes contacts internationaux sur ce dossier que ce n’était pas un critère de jugement. Ce sont surtout les qualités intrinsèques du dossier qui comptent. On m’a parfois interpellé sur les Diables Rouges mais jamais sur le gouvernement. Ce qui ne m’empêche pas de penser qu’il faut un gouvernement de plein pouvoir le plus vite possible dans ce pays. Nous avons également agi au niveau du lobbying mais toujours en restant fair-play et éthiques donc sans promettre quelque chose d’intolérable. Nous savons ce que les pays européens peuvent promettre mais aussi ce qu’il est possible de réaliser en démocratie. Et les 22 membres du Comité Exécutif qui vont voter le savent aussi. En tous cas, nous prendrons toutes les mesures appropriées, tant fiscalement qu’au niveau des droits d’exploitation, pour que le Mondial se déroule parfaitement et conformément à la Constitution.”

Le défi serait particulièrement rassembleur pour la Belgique...

“Le monde du football a besoin de nouvelles infrastructures et cette organisation permettrait d’amener ce milieu dans une dynamique nouvelle. Au niveau de l’exposition mondiale, un tel évènement offrirait 10 à 15 années très belles à vivre.”

Comment l’amateur de football que vous êtes vit-il ces dernières heures ?

“Quand j’étais gamin, j’ai reçu un vélo sur lequel figuraient des autocollants des Jeux Olympiques de Mexico. Quand je l’ai lavé, j’ai pris soin de ne pas abîmer ceux-ci. C’était quand même un symbole des JO. Ce n’est pas rien. Une Coupe du monde a un impact identique dans l’esprit des gens. Le sentiment qui prédomine aujourd’hui, c’est le suspense. Jeudi, au moment de la désignation, la tension sera comparable à celle qui était de mise au moment du but de Sinan Bolat contre l’AZ Alkmaar ou lorsque Brian Ruiz a manqué le penalty lors de Gand – Standard, ce qui a conduit aux test-matches.”



© La Dernière Heure 2010