Christian Deltombe (team-manager Peugeot 9X8): “On cherche un remplaçant pour Magnussen”

Entretien avec Christian Deltombe, le team-manager belge des Peugeot 9X8 Hypercar.

Christian Deltombe (team-manager Peugeot 9X8): “On cherche un remplaçant pour Magnussen”
©Peugeot Sport

L'heure du baptême du feu a sonné. Deux ans et cinq mois après le lancement du projet Hypercar, plus de dix ans après son retrait précipité du Championnat du Monde d'Endurance, Peugeot Sport est officiellement de retour ce week-end à Monza dans le cadre de la manche italienne du WEC avec un proto totalement innovant dépourvu d'aileron arrière. Une double grande première. L'occasion d'un entretien avec le team-manager de l'équipe française, notre compatriote Christian Deltombe qui, à 61 ans, relève le dernier grand défi d'une carrière fort liée à la marque au Lion.

Christian, Peugeot et vous c'est une longue histoire d'amour vieille de plus de vingt ans...

« Exact. Cela a débuté par le Supertourisme avec les 405 et le rallye avec notamment la 208 Kronos de Bruno Thiry. Puis il y a eu avec l'usine la 908 LMP1, les Dakar, l'aventure rallycross avec Seb Loeb. Et en février 2020, j'ai été nommé team-manager du projet 9X8 auquel je participe depuis la feuille blanche de départ. »

En quoi consiste essentiellement votre rôle de team-manager ?

« Je suis responsable de l'opérationnel. Je dois veiller à l'harmonisation et la bonne cohésion d'une équipe limitée règlementairement à 44 personnes (sans les pilotes) pour deux protos. Je suis plutôt en fin de carrière et aujourd'hui je donne la priorité à l'aspect humain, très important dans cette discipline. Il faut une abnégation totale au profit de l'équipe. Ce n'est pas toujours facile avec autant d'égos. »

Combien la 9X8 a-t-elle effectué de km avant sa première course ?

« Entre 10.000 et 11.000. »

Vous sentez-vous prêts ?

« On ne l'est jamais autant qu'on le voudrait. On sait d'office qu'on devra encore s'améliorer sur certains points par rapport à nos concurrents. Qu'il y aura des choses à corriger dimanche lors du débriefing. »

En quoi Toyota bénéficie d'un avantage ?

« Sur l'opérationnel justement. Vous pouvez tester autant que vous le souhaitez, rien ne remplace la course. Les changements de roues sous pression, les décisions stratégiques, l'installation du team, la connaissance des habitudes du directeur de course, vous avez toujours un petit avantage quand vous faites cela pour la dixième année. Toyota, Glickenhaus et Alpine connaissent bien le WEC. Porsche arrive avec Penske et Ferrari avec AF Corse qui sont aussi engagés dans ces compétitions depuis des années. »

Mais en termes de performances il devrait y avoir match...

« La Balance de Performances est là pour cela. C'est le principe du règlement Hypercar et LMDh, il y a un équilibre entre les forces en présence. On part sur le même principe que le GT3. »

Quels sont vos objectifs pour ce week-end ?

« La priorité en endurance, comme sur un Dakar, c'est la fiabilité. Voir nos deux prototypes à l'arrivée des 6H constituerait déjà un bon point de départ. Maintenant, je ne me fixe pas réellement d'ambitions en termes de résultats. Mon approche est humble et réaliste. On sait qu'il y aura une marge de progression. J'espère par contre pouvoir continuer à renforcer la cohésion de l'équipe. Le bon état d'esprit. On a été confrontés à pas mal de problèmes depuis le lancement du projet comme par exemple la crise Covid ou le départ de Kevin Magnussen. La manière positive dont on a réagi et trouvé des solutions est pour moi une source de grande satisfaction. »

Kevin Magnussen va être remplacé ?

« Pour Monza, c'est notre réserviste James Rossiter qui assure l'intérim et il fait cela très bien. Mais on cherche un remplaçant pour la suite effectivement. »

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