Marc Van Dalen, organisateur des 25H VW Fun Cup: “Tout pour garder l’esprit fun”

Entretien avec l’organisateur, le patron de Kronos Events, Marc Van Dalen.

Marc Van Dalen, organisateur des 25H VW Fun Cup: “Tout pour garder l’esprit fun”
©D.R.

À la veille de la 24e édition de la course d’endurance la plus longue et la plus fun au monde, les 25 Heures VW Fun Cup à Francorchamps, le G.O. Marc Van Dalen se confie.

Marc, combien de personnes œuvreront ce week-end à la bonne organisation des 25H Fun Cup ?

"210 en comptant les 40 se relayant aux 8 pompes à essence. Mais hors commissaires et sécurité."

Et cela pour combien de voitures ?

"125 sans compter les courses annexes bien sûr avec une grille très fournie notamment en F4 italienne. Cela représente environ 500 pilotes et autant de passagers d’un jour pour les biplaces, soit 1 000 licenciés. Vous imaginez que si chacun vous appelle une fois pour vous poser sa petite question, c’est lourd. Cela fait plusieurs mois que l’on travaille à la réussite de cet événement."

On a entendu parler de 600 000 euros pour le coût de l’organisation. Exact ?

"C’est encore un peu plus que cela. En dix ans, on a fait fois quatre. Or les tarifs d’engagement n’ont même pas doublé. On a dû passer de 5 000 à 8 000 euros. VW ne nous soutient plus et les sponsors sont de plus en plus durs à trouver. On a donc dû chercher d’autres solutions comme par exemple cette année instaurer une entrée payante à dix euros pour le public (gratuit pour les moins de 13 ans). Tout spectacle se paie, que ce soit votre abonnement Netflix, un match de foot, une place de ciné ou pour le cirque. J’invite ceux qui disent que c’est scandaleux à venir m’aider à organiser un tel événement."

Les 25H ne sont donc plus rentables ?

"Plus autant qu’avant. Il devient de plus en plus difficile de nouer les deux bouts. Avec 125 autos, on gagne tout de même de l’argent mais cela sert à compenser les pertes d’autres meetings sur la saison comme Zolder où l’on perd des sous. Soyons clairs, on ne fait pas ce métier pour devenir riche, mais par passion avec une petite équipe de véritables mordus de bagnoles comme Laurent (Voogt) ou Vanessa (Bouchat). Et au final, c’est assez ingrat. On reçoit généralement plus de critiques que de mercis."

Pourquoi Dieteren ne soutient-il plus cet événement très familial et populaire, avec pas mal d’attractions pour les enfants ?

"Posez-leur la question. On nous a répondu par manque de budget…"

L’esprit fun originel d’il y a 25 ans est toujours bien là ?

"Oui, on fait tout pour le conserver. C’est pour cela qu’on a créé pas mal de catégories avec les Top Guns, les Pures, les Funs, les JP, les Historiques. Tout le monde a sa place et son classement en Fun Cup. Les objectifs des uns ne sont pas ceux des autres mais on fait cohabiter tout le monde avec toujours des petits jeux pour déterminer la grille de départ par exemple sauf aux 25H. Bien sûr, en l’absence d’autres championnats belges de pointe sur circuit, on a de plus en plus de jeunes issus du kart et le niveau ne cesse de monter. Mais chacun se bat à son niveau. Comme au Mans où il y a les Hypercar, mais aussi les LMP2, les GTE-Pro et les GTE-Am. Cela donne de superbes courses dans la course. Au départ samedi à 16 h, vous verrez 25 à 30 Fun se battre à couteaux tirés et s’échanger leurs positions comme lors d’un GP motos. Ils sont parfois quatre de front au freinage des Combes et lors des quatre dernières éditions, la victoire s’est jouée avec deux ou trois voitures dans un mouchoir en vue de l’arrivée."

Sur le papier, combien d’équipages peuvent prétendre à la victoire dimanche à 17 h ?

"Facilement une quinzaine. La gestion de l’essence, des voitures de sécurité et du trafic est primordiale. Les stratèges sont devenus de plus en plus importants. Les équipes de pointe se sont professionnalisées, mais les coûts restent maîtrisés entre 1 200 et 1 500 euros de l’heure de roulage selon les teams."

"Le respect des limites de la piste ? Une question d’éducation…"

Une boucle a été placée au Raidillon pour un contrôle électronique.

Les nouveaux aménagements du circuit de Francorchamps avec des dégagements encore plus larges par endroits et le retour de bac à graviers parfois mal placés comme à la sortie de la Source ou du "Speaker Corner" vont encore compliquer la tâche des organisateurs avec le risque de voir les pénalités et les "safety cars" se multiplier lors des 25H où le niveau de pilotage varie fort.

"C'est clair, avec ces nouveaux bacs à graviers, c'est une catastrophe, confirme Mac Van Dalen. Cela va encore être épique à gérer. Pour moi, c'est une question d'éducation. Je ne comprends pas la mentalité des gens. Il y a trente ans, on n'entendait pas parler de ce type de problème. Pour moi, il faut revenir à des bordures d'un mètre, quelque chose qui pénalise vraiment ou casse les autos lorsque l'on dépasse les lignes blanches. On doit dépenser beaucoup trop d'énergie pour ce problème. Aux 25H, avec 125 voitures, je devrais engager 100 personnes ne s'occupant que de cela. Ce n'est évidemment pas possible. Il est temps de prendre des mesures radicales ou des sanctions exemplaires notamment aux 24H de Spa où il y a 80 % de pros. Chez nous, c'est le contraire, il y a 80 % d'amateurs et de gentlemen qui parfois ne respectent pas les limites de la piste tout simplement parce qu'ils n'en sont pas capables. Je ne peux quand même pas les renvoyer chez eux…"

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