Neuf fois sur son tour. Lors de la qualification, Raffaele Marciello est sorti à neuf reprises des limites de la piste. Le plus choquant, c'était à la sortie de la chicane qui est désormais devenue un tout autre virage, les pilotes sortant de six à sept mètres pour longer le mur de pneus. La raison: lorsdu briefing, le directeur de course, Alain Adam, a déclaré qu'il n'y aurait pas de pénalités pour le non-respect des limites de la piste, à l'exception du haut du Raidillon où il faut au moins avoir deux roues sur le vibreur. 

Pour justifier cette décision très surprenante et très controversée, le directeur decourse a invoqué trois points: 

1. La difficulté de bien identifier les contrevenants durant une course se disputant à moitié de nuit; 

2. Les erreurs d'un commissaire à Imola avec une pénalité infligée à la mauvaise Ferrari; 

3. Des commissaires en nombre plus restreint et pas là pour noter tour après tour tous les pilotes passant au-delà de la ligne blanche. Surtout pour une course de 24h avec 56 voitures...

En gros, le problème vient surtout du circuit qui, comme au Castellet, permet tous les excès et abus. Mais là, on a vraiment dépassé les limites, dans tous les sens du terme.«Je suis un pilote professionnel,» a déclaré le poleman Raffaele Marciello. «Si on me dit de respecter les limites de la piste, je le fais. Si on me dit qu'il n'y en a pas, j'exploite chaque centimètre que je peux. Honnêtement, je trouve cela plus dangereux. Il n'y a plus de dégagements. Les murs à certains endroits sont vraiment très proches.»

Même son de cloche du côté des pilotes belges. «C'est tout à fait ridicule, il risque d'y avoir un gros crash lors de la course,» estime le pilote Bentley Maxime Soulet. «C'est complètement ridicule,» confirme Laurens Vanthoor. «Ce n'est plus du sport auto. On doit apprendre un nouveaucircuit. Je ne comprends pas pourquoi ils autorisent cela. Limite la BOP n'est plus exacte a déclaré Claude Surmont, le responsable de la Balance de Performance.»Le plus jeune, Charles Weerts, n'est pas le moins virulent: «C'est vraiment n'importe quoi,»s'exclame le pilote Audi WRT. «Surtout à la chicane. Cela me fait mal, mais je dois me forcer car sinon je me fais défoncer par les autres. En fait, on nous force à ne pas respecter le circuit. Mais pourquoi mettent-ils encore des lignes blanches alors? Et quid de l'homologation du tracé qui n'estplus le même? Pour la sécurité, ce n'est pas top non plus. Franchement, il ne faut pas aller dans ce sens et en faire une généralité. Nous les pilotes sommes totalement contre. Il faut absolument trouver un moyen de faire respecter les limites de la piste.»

Avec par exemple des caméras prenant instantanément des photos des voitures sortant des limites dela piste comme un radar vous flashe dès que vous dépassez la vitesse autorisée sur autoroute. Ou alors en remettant des bacs à graviers partout et pas seulement aux endroits exigés par la moto. Car mettra-t-on dans le futur un bac à gravier à la sortie de la chicane, à un endroit pas dangereux du tout, sous les yeux de la direction de course?

En attendant, il ne faudra pas incriminer les pilotes s'il y a un accident ce week-end à un endroit où généralement tout se passait bien. Car à force de rouler sans limites, sans plus d'échappatoire, on risque forcément plus de taper. Ce n'est pas comme cela non plus que l'on éduque les pilotes. Pour la qualification au moins, SRO aurait pu faire respecter le tracé. Comme l'a fait la direction de l'Eurocup Formula Renault ce matin avec de nombreuses pénalités infligées aux jeunes loups de la monoplace.Franchement, Francorchamps a perdu aujourd'hui encore un peu de son caractère sélectif et de son âme. Et c'est franchement dommage...