En net retrait depuis les tests de dimanche dernier, l'Alpine A480 ayant terminé sur le podium en 2021 tirait la langue en lignes droites avec un déficit de 9 km/h.

"C'est un vrai problème car c'est du temps facilement gagné, sans prendre de risques, tandis qu'il faut en prendre beaucoup pour aller plus vite en virages," explique le patron de l'équipe français Philippe Sinault. "J'espère que les organisateurs (l'ACO) va nous entendre, analyser les chiffres, voir qu'on ne cache pas notre jeu du tout et nous remettre dans le match car on est à 2,5 secondes au tour, pas à une demie. On est tellement lents qu'on ne parvient pas à dépasser les LMP2 dans les Hunaudières."

Un appel au secours entendu puisqu'en début d'après-midi, à quelques heures de la l'hyperpole prévue à 20h00, on apprenait que la BOP avait été revue et corrigée pour l'Alpine.

"On aura désormais un peu plus d'armes pour nous battre. Nous sommes des compétiteurs et nous venons ici pour gagner."

C'est la dernière fois qu'Alpine pourra être présent avec cette fausse Hypercar, en fait une Oreca Rebellion LMP1 déguisée et rebaptisée du nom du constructeur de légende. Ce sera tout à fait différent en 2024 avec une vraie nouvelle Hypercar de conception française: "Ses premiers tours de roues sont prévus environ dans un an pour des débuts en compétition en 2024. L'idée est bien sûr d'en aligner deux au Mans 2024."

Et en 2023, pour les cent ans du Mans, que va faire Alpine vu que sa voiture actuelle ne sera plus autorisée?

"Je peux vous confirmer que nous serons présents!"

Avec un retour occasionnel en LMP2 donc pour fêter cet anniversaire: "C'est une option, oui."

Mais on ne voit pas quel serait l'autre? "Bah, on peut toujours repeindre le circuit en bleu Alpine," sourit Philippe Sinault, un pur passionné et homme de compétitions, pas un peintre...