Boucles de Spa: le Limbourgeois étrenne sa superbe 206 WRC

SPA Depuis 1979, Dany Colebunders a participé à dix-neuf éditions des Boucles de Spa. Personne n'est donc mieux placé que l'expérimenté équipier pour juger les chances de son jeune pilote, Kris Princen, successeur de Patrick Snijers au sein du Bastos Racing Team. " Honnêtement, jamais dans ma longue carrière je ne m'étais encore trouvé dans un aussi bon contexte au départ d'une nouvelle saison, estime un professeur habitué à ne donner que de bonnes notes. Avec la Toyota TTE ou la BMW Prodrive, nous étions déjà bien soignés mais là, Kronos a fait très fort. L'encadrement est parfait. Le ramage de notre championne du monde (une 206 WRC ex-Delecour) vaut son élégant plumage. L'équipe de Marc Van Dalen a vraiment mis les petits plats dans les grands pour que tout soit tip top. Rien n'est laissé au hasard. "
Ainsi, après une première journée de prise en main du côté de Huy et trois jours de tests en Espagne sur la base de Vic, Kris aura encore droit aujourd'hui, dans la région namuroise, à une séance d'essais pour se familiariser avec le comportement de sa Peugeot sur la terre, histoire de ne pas devoir improviser lors du premier passage dans Clémentine.
Depuis le mois de novembre où le moral du Trudonnaire était au plus bas, on a même soigné les conditions physique et mentale du jeune dompteur de Lionne. En lui disant par exemple qu'il n'avait rien à prouver à Spa. Qu'il ne s'agissait pas d'un one shot comme ceux effectués à Ypres et au Condroz l'an dernier par Snijers et de Mevius. Qu'il pouvait se contenter d'apprendre progressivement à dominer sa nouvelle arme en vue de prochains combats nettement plus difficiles.

" Encore une erreur comme celle-là et c'est la fin ! "

" Le team ne nous met aucune pression, confirme Colebunders. On ne doit pas absolument gagner. Par contre, même si on ne nous a rien dit en ce sens et même si notre contrat est signé pour toute la saison, il est clair qu'après la mauvaise impression laissée en fin de saison dernière, on ne peut pas sortir. On n'a pas le droit de casser l'auto. Ce ne serait vraiment pas malin. Mais Kris en est bien conscient. Il a bien retenu la leçon. Lundi, il m'a encore reparlé de son erreur de Sanremo en me disant: Encore une comme celle-là et c'est la fin de ma carrière. "
Autant écrire donc que, même s'il dispose de l'arme absolue, Princen n'abordera pas les premières spéciales à fond les manettes. Sans droit à la faute, il en gardera logiquement un peu sous la pédale. " C'est vrai que je me sens superbien dans cette 206, mais ne me jugez pas à l'arrivée de la première spéciale, clame le néerlandophone. Laissez-moi un peu de temps pour trouver mes marques avec une 4x4 et retrouver la confiance absolue. Il est clair qu'en partant avec la 206 WRC championne du monde, je suis favori aux yeux du grand public. Mais ce n'est pas si simple. La Toyota n'est certainement pas une mauvaise voiture et Tsjoen a l'avantage de déjà bien la connaître. Quant à Renaud Verreydt, il sera aussi très rapide. Mais la Seat sera-t-elle fiable ? "
De la réponse à cette question dépend peut-être le succès de Kris Princen. Il suffirait en effet d'une première victoire à Spa pour relancer la carrière de l'ex-champion de Belgique. Et faire taire tous ceux qui ne croient déjà plus en cet espoir de 26 ans.



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