Boucles de Spa: coup de maître pour le Limbourgeois et sa 206

SPA Des conditions fort hivernales le samedi (brouillard le matin, pluie quasi incessante l'après-midi et neige sur les hauteurs du décor), un temps plus clément hier avec des trajectoires presque sèches, c'est à une vraie édition des Boucles que nous avons assisté ce week-end.
Un 44e épisode suivi par un public relativement nombreux, revenu dans un centre de Spa nettement plus animé. Mais un peu déçu par la qualité du spectacle proposé par les 74 partants. Hormis sur la terre de la Clémentine où l'épreuve connut un faux départ suite au malaise cardiaque d'un spectateur décédé par la suite, les passages d'anthologie ne furent guère plus nombreux que dans un bon rallye de D 2. Gaban, Snijers, de Mevius, Vande et les autres acrobates ont manqué aux amateurs de dérive. Les nombreuses Mitsubishi trustant de la 4e à la 13e place, les Opel Manta ou Kadett des années 2000, ne glissent plus autant que les bonnes vieilles propulsions. Seul Verreydt, trop vite contraint au rôle d'amuseur public sur une Seat accumulant les soucis avant d'abandonner (moteur), a réchauffé les spectateurs par un style généreux.Sportivement, cette première joute n'a pas suscité beaucoup d'intérêt non plus. Verreydt et Tsjoen vite trahis par la mécanique, David Loix assurant vite sa deuxième position dans l'optique du championnat, la Super 1600 trop rapidement décimée, on a juste suivi le duel en Groupe N entre Van Woensel et Cols et la belle bagarre pour la troisième marche du podium Production.

Un bon entraînement

Dès le milieu de la première journée, le nom du vainqueur ne faisait plus aucun doute. Sauf erreur ou incident mécanique, la victoire reviendrait à Kris Princen, leader de bout en bout. Mais, jamais il est vrai poussés dans leurs derniers retranchements, ni l'homme ni la machine (juste un petit souci d'embrayage vite résolu) ne faillirent. Sous pression avant le départ suite aux déboires de l'an dernier avec la Mégane, dans un baquet qu'on disait éjectable, le Limbourgeois a réalisé un superbe sans-faute démontrant qu'il avait des épaules format XXL. Lauréat de 12 des 16 spéciales disputées lors de la première étape avant d'assurer sagement le succès le plus important de sa jeune carrière, le plus rapide dès ses premiers mètres sur terre (deux scratches) comme sur le goudron aux commandes de la championne du monde, l'ex-champion de Belgique (99) n'a pas seulement vaincu. Il a convaincu ceux qui pensaient que sa chance était passée. Il a aussi offert à la 206 du Peugeot Team Belgium sa première victoire chez nous. Le tout sans donner l'impression de forcer. " C'est vrai, je n'ai jamais été dans le rouge ", s'exclamait le pilote Bastos seulement ennuyé par des gommes mondiales refusant de monter en température. " Je suis parti vite mais sans attaquer à 100%. Je ne me suis fait aucune chaleur. J'ai poursuivi mon apprentissage progressivement samedi. Avant de gérer dimanche car je ne pouvais surtout pas faire de faute. Je levais le pied dans les endroits à risques. Et je freinais plus tôt. Je me suis alors entraîné au maniement du frein à main. "
Et à parfaire un pilotage sur la terre d'ores et déjà assez impressionnant. Du coup, tout le monde en est de nouveau persuadé: au Portugal dans un mois comme lors des trois autres manches mondiales à son programme 2001, Christian le Prince et sa Lionne apprivoisée vont faire péter les chronos. Et pourquoi ce pilote privé de rien ne ferait-t-il pas mieux que Thiry et Loix?
Pour ses débuts spadois en 4x4 Groupe A, Kris a en tout cas déjà fait mieux que Freddy et David Loix. En 1996, Fast Freddy menait l'épreuve pour son baptême du feu en Toyota Celica GT-Four avant de commettre une petite faute et de laisser la victoire à de Mevius. Et trois ans plus tard, son homonyme se laissait également piéger alors qu'il avait course gagnée. Vainqueur de son premier rallye en traction intégrale, Princen n'a pas perdu les pédales. A 26 ans, cette brillante performance devrait lui permettre de relancer sa carrière.
Sur la plus haute marche du podium, l'échalas enfin soulagé ne cachait en tout cas pas sa joie. "C'est mon 4e succès en D 1, le premier grand et sans doute un de mes rallyes les plus importants. Maintenant, ma confiance est définitivement retrouvée. "
Et ses prochains résultats devraient s'en ressentir.



Dans la DH-Les Sports de ce jour
- Pour David Loix, c'est déjà une victoire
- Van Woensel a tenu Cols à terre
- Thierry Godfroid sur le fil !
- La longue litanie de Verreydt