Mercedes a augmenté les budgets alloués à la F 1 pour battre Ferrari

VALENCE En apparence, rien n'a changé. Ou presque. Mêmes couleurs, mêmes sponsors, mêmes pneus, mêmes pilotes (hormis l'essayeur avec l'Autrichien Alexander Wurz, ex-Benetton, remplaçant un Olivier Panis ressorti de l'ombre chez BAR) et même discours résolument positif devant un parterre de quatre cents journalistes.
En résumé, McLaren-Mercedes n'a qu'un objectif. Avec la MP 4-16 et ses pilotes, Mika Hakkinen et David Coulthard, une même mission, identique depuis au moins quatre ans: gagner. Des courses et les championnats pilotes et constructeurs appartenant désormais à l'ennemi public n°1 des grisés: Ferrari. " Il est difficile de faire mieux chaque année quand on est déjà au top, mais on l'a fait, a commenté mercredi le patron, Ron Dennis, lors d'une présentation minutée à l'image de l'écurie britannique: sobre, propre et professionnelle. Sans chichis, artifices ou Spice Girls. Juste la présence mardi soir dans une superbe hacienda du tennisman Boris Becker (et de sa nouvelle conquête), devenu concessionnaire Mercedes en Allemagne. Le grand show, l'équipe la plus sérieuse de la F 1 laisse cela à ses concurrents. " Notre principale force est d'avoir tiré les leçons de notre échec. On a réanalysé chaque course, chaque tour, pour comprendre et apprendre. Pour être encore meilleurs, on a aussi considérablement augmenté notre budget. Cet argent a déjà servi à construire une deuxième soufflerie dans notre nouveau complexe Paragon, à engager quarante personnes supplémentaires et à faire encore plus de tests. Depuis le 1er décembre, nous avons déjà bouclé 10.000 km ici en Espagne avec notre monoplace laboratoire dotée du nouvel ensemble moteur-boîte que l'on a surtout cherché à fiabiliser car les premiers Grands Prix sont toujours très importants. Et le nouveau V 10 Mercedes a effectué 23.000 km d'essais au banc. "
Tout cela pour en arriver dans ce stade naturel au sein duquel se déroule la petite piste de Valence, à la présentation de la MP 4-16. " Depuis lundi, on a déjà parcouru 120 km et jamais un shake down ne s'est aussi bien déroulé, assurait David Coulthard, avant que la monoplace ne doive rejoindre prématurément les stands mercredi après seulement trois tours de piste. Ce qui n'empêcha pas l'Ecossais d'affirmer pour la troisième année consécutive ses prétentions pour le titre. Je n'ai jamais été aussi bien préparé. Physiquement et mentalement. "
On se croirait bel et bien revenu douze mois en arrière
" Extérieurement, le changement le plus flagrant sur nos monoplaces, ce sont les numéros, reprend Dennis. Je n'ai rien contre le 3 ni le 4 mais honnêtement, je préfère le 1. Récupérer notre numéro fétiche est évidemment notre unique objectif. On ne peut imaginer meilleur stimulant que d'avoir perdu le championnat face à Ferrari. Je suis un gagnant. Je n'aime pas perdre. Mais si tel devait à nouveau être le cas cette année, je préférerais être battu par Frank Williams. La F 1 est cyclique et je prévois le retour au sommet de l'écurie propulsée par BMW. "
Une raison supplémentaire pour Mercedes de ne plus défaillir...



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