L'Ecossais se sent prêt pour le titre mondial

MELBOURNE C'est en passe de devenir une tradition aussi célèbre que le carnaval de Rio. Chaque année à pareille époque, depuis au moins quatre saisons, David Coulthard prétend qu'il se sent plus fort, plus confiant, prêt à concrétiser ce rêve après lequel il court depuis ses débuts: devenir champion du monde de Formule 1!
Un cliché collant à la peau de ce bientôt trentenaire (le 27 mars) comme l'image de Mister nice guy, Monsieur sympa, un deuxième pilote modèle, équipier durant sept ans au plus haut niveau de deux champions du monde, Hill et Hakkinen. Mais une fois casqué, sans jouer au hooligan, DC a appris à se faire respecter, à ne pas ouvrir toutes les portes. Les politesses, il garde désormais cela pour le paddock. Et tout le monde se souvient de cet index levé à l'adresse de Michael Schumacher à l'occasion du Grand Prix de France 2000. Un geste obscène cassant un peu le mythe du parfait gendre. " Je regrette ce geste instinctif survenu à un moment d'énervement extrême et repassé au ralenti dans le monde entier. Mais si au moins il peut avoir servi à apporter un démenti à ma fausse réputation de gars trop peu agressif, toujours maître de lui, c'est déjà cela."
N'empêche, à cette exception près, même dans son combat et la polémique qui l'opposa à Michael Schumacher l'an dernier, le beau David resta digne. " J'ai beaucoup de respect pour l'homme et tout ce qu'il a entrepris pour la sécurité au sein du GPDA. Mais je ne suis pas toujours d'accord avec sa philosophie de la course, parfois trop éloignée de mon esprit sportif. Ses manoeuvres, notamment lors des départs, sont parfois dangereuses. Même si la FIA le cautionne, ce n'est pas vraiment faire preuve d'intelligence que de se comporter ainsi. La course n'est pas la guerre. Il faut rester fair-play."
Même s'il n'est pas prêt à tout (il aurait tout de même refusé de se marier cette année pour rester concentré à 100%) pour atteindre son objectif, Coulthard affiche néanmoins une détermination et une motivation sans faille. Ce titre, il y croit plus que jamais. Et surtout plus que tout le monde " J'ai déjà prouvé que je peux battre tant Hakkinen que Schumi à la régulière. Je sais aussi que j'ai souvent manqué de constance sur l'ensemble d'un championnat. A ma décharge et sans vouloir mettre mes défaites sur le dos de l'écurie, je dirais que je n'ai pas toujours bénéficié du même soutien psychologique que Mika. Je reconnais aussi que depuis mes débuts, à l'exception de 1997, j'ai toujours piloté une monoplace capable de gagner le championnat. Mais je n'avais pas encore assez d'expérience. Certains pilotes donnent directement leur plein potentiel. D'autres ont besoin de plus de temps. Après tout, Hakkinen n'avait-il pas 30 ans lorsqu'il a décroché sa première couronne ? J'accepte assez facilement la critique. J'ai commis quelques erreurs dans ma carrière, j'en ferai encore et je l'assume. Mais ce dont j'ai horreur, c'est des gens qui portent des jugements hâtifs et définitifs. Qu'en savent-ils ? Ils l'ont lu dans leur boule de cristal ? Moi, j'ai la conviction que je le serai un jour. Ma carrière, il faudra la juger quand j'aurai raccroché. Pas avant. Ma courbe de performances n'a pas subi le moindre fléchissement depuis 5 ans. Chaque année, je m'améliore tant en qualifications qu'en course. Même mon accident d'avion m'a servi. Mentalement, il m'a rendu plus fort."
Et maintenant, avec 107 Grands Prix, dix pole et neuf victoires au compteur, il est grand temps de passer à la vitesse supérieure. Au but ultime. Et c'est pour cela que l'Ecossais est resté fidèle à McLaren. Et vice versa. " Si je n'avais pas été satisfait de mon statut, j'aurais très bien pu partir. A la fin de la saison dernière, plusieurs écuries me proposaient un paquet d'argent pour devenir leur numéro 1. Si j'ai refusé, c'est parce que seul McLaren peut actuellement me permettre de réaliser mon rêve de gosse. Et pour moi, cela vaut plus que tout l'or du monde. "

Le calendrier 2001 de la F1

Dans la DH-Les Sports de ce jour:
- Thierry Tassin, notre consultant F1, analyse les modifications techniques 2001
- Les contre-braquages de Christian Lahaye