Carré d'as pour une grande foule

Moteurs

Olivier de Wilde

Publié le

Les Belges favoris du sommet européen d'Ypres

YPRES Cinq World Rally Cars, six Super 1600, une poignée de bonnes Groupe A et Kit-Car, un leader européen et deux jeunes Nordiques issus du Mondial à découvrir, deux premières nationales (la Suzuki Ignis et la VW Polo Super 1600), les centres d'intérêt ne manqueront pas, dès aujourd'hui et tout au long de ce week-end, pour la 39e édition du Belgium Ypres Westhoek Rallye, l'un des sommets des saisons belge et européenne.

Certes, il est déjà loin le temps où les Kankkunen, Auriol, Delecour ou McRae venaient se frotter aux nôtres. Aujourd'hui, les vedettes d'un Championnat du Monde dont on ne rêve plus à Ypres ont un program- me trop chargé pour encore rouler ailleurs. Et puis, louer une bonne WRC pour une star, fût-elle belge comme Duval ou Loix, coûte désormais un porte-avions. Entre 150.000 et 200.000 euros sans compter le droit de sol sur la Grand-Place. Impayable sans le soutien d'un cigarettier, même pour un importateur motivé.

Disputer un championnat européen ne menant et ne rimant à rien depuis bien longtemps requiert un budget fort conséquent: 1,8 million d'euros pour les Peugeot 206 WRC client (version 2000) du Portugais Miguel Campos et de Bruno Thiry, deux véritables pointures rétrogradées à ce niveau pour des raisons diverses, les deux seuls finalement à viser une couronne prenant un peu de valeur grâce à leur duel, tronqué en Italie mais superbe en Pologne.

Troisièmes retrouvailles

Même si le rendez-vous de la cité des Chats constitue déjà la 6e étape d'une tournée européenne dont le système est encore à revoir (le coefficient 20 d'Ypres n'a finalement attiré qu'un seul pilote), les deux prétendants au titre ne se retrouveront que pour la 3e fois. Avec ici un net avantage du terrain pour le Liégeois, vainqueur dans le Westhoek l'an dernier. Espoir de 29 ans, cinq fois champion dans son pays, dont l'ascension vers le Mondial fut stoppée net l'an dernier en Catalogne pour avoir été pris en flagrant délit de reconnaissances interdites (cela lui valut un an de retrait de licence internationale), le courageux Campos a beau être un vrai bon, on le voit mal lutter ce week-end face à des ténors belges armés jusqu'aux dents et hyper- (Ieper) motivés. Le Portugais l'a d'ailleurs bien compris à l'issue des reconnaissances. Battre une référence mondiale comme Thiry sur ces routes tellement caractéristiques relève de la mission impossible.

Pour un Moustic dont l'objectif est de prendre dimanche la tête du Championnat d'Europe (il compte actuellement 40 points de retard, soit la différence entre une 1re et une 2e place) et, si possible même, de faire le break avant un déplacement toujours difficile à Madère, l'île de son rival, les principaux adversaires et alliés (ils pourraient prendre de précieux points à Campos) se nomment Patrick Snijers et Pieter Tsjoen. Quadruple vainqueur, le premier rêve d'établir un nouveau record de succès. Pour cela, il disposera d'une Subaru Impreza WRC 2002 ex-Makinen alignée par First, la WRC la plus moderne et techniquement la plus évoluée au départ. Mais le septuple champion de Belgique parviendra-t-il à compenser par son expérience et son lourd pied droit sa méconnaissance d'une monture découvrant le parcours yprois? Une voiture plus vieille (la Toyota Corolla WRC Future World) mais qu'il connaît par coeur et taillée pour le Westhoek, tel sera le secret de Pieter Tsjoen rêvant plus d'une 2e victoire à Ypres que d'un second titre belge.

Alors Thiry, Snijers ou Tsjoen? A moins d'une surprise Campos? La lutte est très ouverte et promet, durant trois jours, d'enthousiasmer une toute grande foule.

© Les Sports 2003

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