Les petits plats ont été mis dans les grands pour permettre la tenue du Deutsche Tourenwagen Masters à Spa-Francorchamps malgré la recrudescence du Covid-19 ayant entraîné une psychose générale ces derniers jours. Comme le championnat allemand de voitures de tourisme se tient à huis-clos, les parties prenantes n’ont rien laissé au hasard.

Après être passé sans encombre dans la zone de dissuasion, on prend notre température trois fois au welcome du circuit. Le passage dans la zone d’isolation, réservée aux personnes accréditées pour le DTM, se fait grâce au scan d’un QR code que nous avons reçu lors de la réception de notre press pack quelques instants plus tôt. Pour tous les resquilleurs, une amende de 350€ accompagnée d’une éventuelle poursuite pénale est d’application. Il n’y a plus qu’à se garer dans l’enceinte du paddock. Et force est de constater qu’il n’y a pas un chat dans les tribunes. Les menaces ont visiblement dissuadé les irresponsables qui avaient annoncé leur investissement des lieux envers et conte tout…

La présence des camions des écuries en rang d’oignon derrière les boxes nous rappelle que nous vivons ENFIN notre premier week-end de course. Près de l’Arbre qui tue (fermé, évidemment…), une boutique de souvenirs a même ouvert ! On se demande bien ce qu’elle pourrait vendre vu que le public est interdit. Au sein du personnel des équipes et des pilotes, le port du masque est obligatoire à tout moment, comme les règles de distanciation sociale. Les organisateurs ont été sévères : tout contrevenant pris en flagrant délit sera bouté hors du paddock sur-le-champ.

L’ambiance est néanmoins très détendue. Pour beaucoup, rester de nombreux mois sans rouler a été une gageure. Alors, hors de question de faire le mariolle. C’est uniquement en respectant ces mesures que les courses peuvent reprendre, n’en déplaise aux complotistes du café du commerce. « Cela fait un bien énorme de courir à nouveau, qui plus est à Spa-Francorchamps », nous a confié Philipp Eng, le pilote du BMW Team RBM. « Tout le monde est heureux d’être là. Notre patience est enfin récompensée. »

Pour nous, les journalistes, il a fallu s’adapter. D’habitude grouillante lors de chaque grand événement, la salle de presse est clairsemée. Les organisateurs ont en effet trié les médias sur le volet. Nous ne sommes que trois Belges à avoir reçu une accréditation : Grenz Echo pour la communauté germanophone, Autosportwereld pour les néerlandophones et la DH pour la Belgique francophone. Le port du masque est obligatoire, tout comme une distance de 1m50 qui s’applique également dans la salle de conférences où seulement une dizaine de chaises sont restées. Pour les interviews, il faut réserver sa place à l’avance. Et ne comptez pas vous taper l’incruste dans un garage pour aller interviewer Thierry Tassin ou Bart Mampaey, à moins de vouloir recevoir un savon. Tout a été cadenassé pour garder un principe de « bulle ».

© M.B

Évidemment, l’absence des spectateurs en chagrine plus d’un, tout en admettant que le huis-clos est la condition sine qua non pour reprendre. « Quand je gagne, j’aime bien partager ma joie avec le public et mes mécaniciens. Se produire devant des tribunes vides fait bizarre. », a avoué Nico Müller, le vainqueur de la course 1. Les fans savent désormais ce qui leur reste à faire pour pouvoir à nouveau assister à une course : respecter scrupuleusement les règles sanitaires et convaincre leurs éventuels amis plus récalcitrants que des fans hospitalisés, on ne sait pas en faire grand-chose…