C'est une page qui se tourne. Il était "the Voice" du Circuit de Spa-Francorchamps pour de nombreuses personnes, lui qui a sévit sur les circuits pendant plusieurs décennies. Les hauts-parleurs du toboggan ardennais ne trembleront pas au son de sa voix cette année. Notre confrère Christian Lahaye, journaliste et ancien G.O des championnats de Belgique des circuits, a décidé de poser le micro. Comme il l'explique dans un texte que nous vous livrons in extenso, Christian préfère faire un pas de côté plutôt que de risquer "l'année de trop". Une décision compréhensible sachant que celui qui fut le rédacteur-phare de la rubrique sports moteurs de votre quotidien jusque dans les années 90 se bat contre la maladie depuis plus de 10 ans.

"S’il y a bien une activité qui me plaisait, c’était d’être le speaker des 24 Heures de Spa et du Grand Prix de Belgique", explique-t-il. "En tout, j’ai une septantaine d’éditions à mon actif. Jean Leroy, le commentateur de l’époque et ami de mon père, m’a tout appris. Il avait une voix reconnaissable entre mille et m’engagea à avoir mon style. L’humour, l’autodérision, les émotions non feintes, mes quelques premiers mots pour accueillir le public avec lequel j’étais en symbiose et ma passion inextinguible pour le sport automobile firent le reste. Aux 24 Heures, ma première nuit au micro date de 1972. Je venais d’avoir 20 ans."

"En F1, je fis mes débuts à Zolder dans les années 70. Et toujours en F1 mais à Francorchamps, sur le nouveau tracé, je commentai les GP dès 1983. De 86 à 92, je rejoignis Richard Debeir dans la cabine de la RTBF. C’était les années Boutsen ! Richard Debeir changea ma vie professionnelle. Ensuite, je revins à mes premières amours à Spa (de 1993 à 2019 sauf deux fois). L’année Corona (2020) me permit de réfléchir et de prendre le recul nécessaire. Le micro, c’est fini ! Il faut être dans le coup et en parfaite forme physique. Aurais-je eu le niveau ? Je ne sais pas et c’est donc bien mieux comme ça ! J’ai évité l’année de trop et, même si la tristesse m’envahit parfois, je ne regrette pas ma situation nouvelle. C’est la vie."

"Je dois donner la priorité à la maladie, à mes enfants et à mes petits-enfants (bientôt 5). Je ne me rendrai pas sur le circuit ni lors des 24 Heures, ni lors du Grand Prix. Je ne veux pas être rattrapé par mon émotivité mais je serai un téléspectateur enthousiaste. Enfin, je souhaite le meilleur à mes successeurs. Au plaisir de vous revoir."