Dakar 2004 - ''Dans le respect mutuel...''

Moteurs

Ph. J.

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Dakar 2004 - <i>''Dans le respect mutuel...''</i>
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Triplé Nissan. La première de McRae. Alphand et de Mevius dans un mouchoir

ENVOYÉ SPÉCIAL EN MAURITANIE PHILIPPE JANSSENS

AYOUN EL ATROUSS De la chaleur, du vent, de la poussière; un décor sahélien ou, peu à peu, la végétation déserte l'horizon au profit du sable et des rochers: pas de doute, ce 26e Dakar est bel et bien revenu en Mauritanie.

La cinquantaine aussi bien portée que ces petites lunettes rondes derrière lesquelles il masque mal ses intentions, Bruno David, se mêle au décor ambiant. Tel un caméléon, il scrute sans attirer l'attention. L'homme qui remit sur pieds les 24 Heures du Mans et travailla à l'image de la plupart des constructeurs automobiles installés en France, a été mandaté par la haute direction d'ASO pour maintenir l'épreuve sur les rails du succès.

«C'est un projet sur lequel nous travaillons déjà depuis le mois de juin dernier, nous glisse-t-il aimablement. Je suis sur le terrain pour observer et, éventuellement, développer de nouvelles pistes. Vous savez, une épreuve comme le Dakar est une douce alchimie entre un nombre impressionnant d'impératifs. La réussite est d'arriver, sur la durée totale de l'épreuve, à satisfaire la majorité des gens. Chaque jour il y a des gens heureux, puis d'autres qui le sont moins. Mais tous ont d'excellentes raisons de l'être...«

Hier, sur le coup de 16h30, la joie jaillissait du clan Nissan où Colin McRae fêtait, pour sa première participation, sa toute première victoire d'étape sur le Dakar. L'Ecossais, premier britannique à s'imposer depuis la dernière victoire d'Andrew Cowan en 1990, ouvrait également la porte à un triplé Nissan en devançant ses équipiers De Villiers et Vatanen, dont les voitures portaient les stigmates d'une attaque sans retenue. «Il est clair que cela prouve que nous sommes sur la bonne voie et que nous possédons la vitesse nécessaire, jubilait Gilles Martineau, le nouveau patron de l'équipe. A nous maintenant de fiabiliser au maximum nos voitures afin de pouvoir prétendre un jour à la victoire finale...»

Derrière les Nissan, les prétendants à un bon classement final ont plutôt roulé sur la défensive hier. Dakar approche et toute erreur se payerait cash.

«Il n'y avait pas dix mètres de ligne droite aujourd'hui!, s'exclamait un Grégoire de Mevius ayant retrouvé le sourire après avoir signé le 6e temps du jour. Aujourd'hui il était très facile de tout perdre contre un arbre ou dans une erreur de navigation car il y avait des pistes dans tous les sens. Les Nissan, elles, ne se souciaient pas de virages, ils tiraient tout droit! Mais ceux-là n'ont vraiment plus rien à perdre. Moi je suis plutôt satisfait, car j'ai refait une partie de mon retard concédé la veille.»

Toujours 5e au classement général, il sait très bien qu'il disputera, dès demain, la 4e place à l'autre BMW X 5 de son équipier, Luc Alphand. «Ce sera un combat sportif et loyal dans le respect mutuel, explique pour sa part, l'ancien champion de ski français. Grégoire et moi nous entendons très bien et il serait stupide de nous affronter sur la piste. La course décidera. Mais tellement de choses peuvent encore se passer d'ici à Dakar...»

Egaré dans le sillage de Peterhansel et victime d'une crevaison, Jean-Louis Schlesser et notre compatriote Jean-Marie Lurquin, ne concèdent pourtant qu'un petit quart d'heure et restent solidement accrochés à leur troisième place. »Nous nous contentons de marquer les deux BMW, souligne notre compatriote. Mais il est clair que sur les terrains que nous affronterons dans les deux prochains jours, il va falloir être attentif!»

À peine sorti de son hélicoptère de direction de course, Patrick Zaniroli, le directeur sportif masque mal son petit sourire malicieux. «Croyez-moi, la course est loin d'être finie... » L'homme sait ce qu'il dit. Et, avouons que depuis le début de ce rallye, ses prédictions se sont souvent vérifiées...


Colin McRae: "Je reviendrai!"

AYOUN EL ATROUSS «Nous étions partis pour gagner. J'aurais été déçu de terminer cette épreuve sans temps scratch. Ce n'était pas évident sur ces pistes très sinueuses. Mais notre voiture marchait du tonnerre. Nous avons dépassé beaucoup de concurrents et je dois les remercier car personne ne nous a bouchonnés. De plus Tina (Thörner) a fait de l'excellent travail en navigation. Nous n'avons hésité qu'une seule fois. Il est vrai que nous n'avions rien à perdre et la voiture a souffert. L'aile avant droite s'est détachée sur une bosse. Ensuite, le pare-brise s'est cassé en heurtant la branche d'un arbre. Plus cette étape avançait, plus je sentais que nous réussissions quelque chose de bien mais plus aussi, je m'attendais à ce qu'un ennui nous retarde. Sur la fin, j'ai ressenti de fortes vibrations dans la voiture dès que nous passions au-dessus de 100 km/h. Après cette première victoire d'étape je suis définitivement convaincu que je reviendrai sur le Dakar. Il serait trop dommage d'avoir accumulé de l'expérience cette fois pour ne pas en profiter l'année prochaine!»

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