Dakar 2004 - De Mevius mord la poussière

Moteurs

ENVOYÉ SPÉCIAL AU MALI PHILIPPE JANSSENS

Publié le

Il perd 20 minutes derrière les camions, alors que l'autre BMW X 5 s'impose...

BAMAKO «Quoi, c'est moi qui gagne aujourd'hui? Il n'en me manque plus que 48 pour égaler Ari Vatanen!»

En descendant de sa BMW X 5, Luc Alphand brandit un sourire de circonstance. Cette deuxième victoire sur le Dakar l'ancien vainqueur de la Coupe du Monde de ski, la savoure. Car après trois jours de... repos, il s'agissait surtout de retrouver le rythme de la course. «On s'en est donné à coeur joie, poursuit le Français. On a fait des sauts incroyables sur des petits ponts bien arrondis. Je me serais cru à Wengen! Ceci dit, avec la poussière il était impossible de dépasser. Je suis resté longtemps derrière Peterhansel»

Car la poussière était à l'ordre du jour. Tapissant toutes les voitures, maquillant les visages des pilotes, elle était aussi sur toutes les lèvres. Bien rouge, bien épaisse, soulevée sans retenue par les bolides, sur ces pistes en latérite serpentant au coeur de la magnifique forêt de Banfora.

Arrivé en même temps que son équipier victorieux au bivouac installé à l'aéroport de la capitale malienne, Grégoire de Mevius n'a pas le sourire. En prenant place hier matin sur la ligne de départ, il eut la désagréable surprise de constater que trois camions le précédaient. «On avait pas pensé à cela, soupire-t-il. Devant nous, il y avait certes le Pickup Nissan de De Villiers, mais aussi le DAF de Gerard De Rooy (et Tom Colsoul), précédé des deux Kamaz. Accompagné de De Villiers on a été les voir avant le départ pour qu'ils nous facilitent le dépassement. Mais cela n'a pas changé grand chose. Et si Lucho a été freiné par la poussière de Peterhansel, je peux vous dire que celle des camions se dissipe nettement moins rapidement. Voyant que De Villiers hésitait à s'attaquer aux camions, je l'ai passé... à 34 km/h, dans un village. C'était l'unique solution. Ensuite on a mangé les camions, un à un... Mais que ce fut long et frustrant. Surtout sur une étape dessinée pour un pilote de rallye!»

A l'arrivée, le Namurois mord la poussière et concède près de vingt minutes sur son équipier...

"Les villages à 30 à l'heure!"

L'autre sujetdu jour tourne autour des contrôles de vitesses dans les villages. «Malheureusement, il s'agissait des seuls endroits où nous pouvoins dépasser, explique Marc Bartholomé, le copilote liégeois du Quatarien Al Attiyah. Avec le nouveau système de contrôle par GPS c'est assez vicieux, car les meilleurs ne ralentissent que dans la zone de 400 mètres entourant ce point précis. Quand ils en sortent, c'est pied au plancher et là, nous nous trouvons parfois en plein milieu du village! De plus, depuis qu'il ont compris que les voitures passaient au ralentis, les enfants s'amusent à jouer les torrero avec nous en traversant in extremis. je crains qu'un de ces jours, il y ait un accident...»

Couché par terre près de son camion d'assistance, la visière de la casquette couchée sur le nez, le cigarillo fumant au coin de la bouche, Jean-Marie Lurquin a également son avis sur la question. «Aujourd'hui, Mitsubishi a décidé d'ouvrir la porte pour la victoire, souligne l'équipier de Jean-Louis Schlesser. Pas étonnant que ce soit Alphand qui l'emporte, sachant que les deux équipes ont le même patron. Bizzarement, Peterhansel nous à claqué la porte au nez durant une grande partie de la spéciale... Dommage, car je crois qu'il n'y aura pas beaucoup d'autres occasions de viser une victoire d'étape avant l'arrivée à Dakar.»

Mais comme le précise également, le plus réputé et les plus expérimentés des navigateurs belges, la route pour Dakar est encore longue. Dès aujourd'hui le rallye retourne en Mauritanie et depuis la semaine dernière, ils sont nombreux à avoir découvert que si l'on sait quand on y rentre, on ne sait pas forcément quand on en sort...

© Les Sports 2004

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