Trois jours décisifs s’annoncent pour Loeb, Peterhansel et Sainz.

Généralement programmée à mi-parcours du Dakar , la journée de repos est toujours très attendue. Elle permet aux pilotes de souffler un peu, aux mécaniciens de remettre les véhicules quasi à neuf et aux observateurs de tirer un premier bilan.

Et le moins que l’on puisse écrire est qu’après un retour sur la pointe des roues l’an dernier, pour ne pas dire raté, Peugeot a bien préparé sa revanche. Hormis le prologue remporté par la Toyota de Ten Brinke (et son copilote belge Tom Colsoul) dont les espoirs se sont envolés en fumée samedi, les 2008 DKR ont tout raflé lors de cette première semaine de course.

Les dompteurs de Lionnes se sont partagé les scratches lors des six vraies spéciales parcourues suite à l’annulation d’une étape : trois pour le rookie Sébastien Loeb, deux pour le roi du Dakar Stéphane Peterhansel et le dernier pour Carlos Sainz.

Chacun d’entre eux a connu une journée sans avec son petit lot de soucis. Et au bout du compte, le nonuple champion du monde de WRC mène la danse avec 2’22 d’avance sur son compatriote et un peu plus du double sur le Matador arrêté durant quatorze minutes suite à un problème électrique dans le premier tronçon. À la régulière, on voit mal comment la victoire finale pourrait échapper à l’un des trois buggies à deux roues motrices.

Des Peugeot qui ont gagné en maniabilité et en puissance, autant qu’en fiabilité. Et qui ne semblent déjà plus pouvoir être battues que par le terrain lors d’une deuxième semaine débutant par trois étapes redoutées avec un peu plus de sable et de navigation.

Quatrième, le tenant du titre Nasser Al Attiyah (Mini) compte déjà plus de dix minutes de retard. S’il peut espérer profiter des déboires d’une Lionne pour grimper sur le podium, il faudrait un gros retournement de situation pour que le Qatari puisse encore s’imposer. C’est bien pire pour Mikko Hirvonen (Mini, 5e à 32’53) et Giniel De Villiers (6e à 33’41), le leader de l’escadron Toyota Overdrive.

"On a profité de ce dimanche pour bien préparer les trois étapes à venir," a déclaré hier Seb Loeb. "Elles s’annoncent comme les plus difficiles. On va attaquer fort dès le début pour tenter d’augmenter notre faible avance et se donner un petit peu plus de marge."

Car deux minutes au Dakar c’est comme deux secondes au Monte-Carlo. Quasi rien. Et puis mercredi soir les consignes risqueraient de tomber. Surtout si Loeb reste en tête. La victoire samedi d’une 2008 pilotée par le champion des rallyes, Peugeot ne pourrait rêver d’un meilleur coup de pub.


KTM chasse Honda

Contrairement aux quatre roues où l’on a assisté jusqu’ici à la démonstration d’une seule marque, c’est nettement plus indécis et disputé en motos. Depuis le départ, on vit un palpitant chassé-croisé entre les pilotes officiels Honda et KTM.

Après les ennuis samedi du bouillant Joan Barreda, Paulo Goncalves porte désormais seul sur les épaules les espoirs de succès du clan japonais.

Le Portugais possède ce matin 29 petites secondes d’avance sur la machine autrichienne de l’Australien Toby Price. Mathias Walkner (3e à 2’48) et le Russe Stefan Svitko (4e à 5’07) restent en embuscade, prêts à profiter du moindre écart des leaders.

Le vainqueur à Villa Carlos Paz le week-end prochain sera clairement un de ces quatre-là. Et inscrira pour la première fois son nom au palmarès.


Réactions

Sébastien Loeb Leader en auto

"On va attaquer"

"Le samedi matin, je suis parti très motivé car le vendredi, j’ai perdu gros, avec des crevaisons et un petit problème technique. Je suis parti à bloc. L’objectif, c’était effectivement de reprendre la tête. Maintenant, il faudra être attentif. Sur les trois étapes qui suivent la journée de repos, il y a beaucoup à perdre. Mais la voiture marche fort, et on va attaquer. Ce qui me plaît le plus pour l’instant dans ce Dakar, c’est le pilotage au feeling, au naturel. C’est intéressant de partir pour 400 bornes et de rouler à la découverte totale, sans savoir où l’on va."

Jean-Marc Fortin Team Overdrive

"Rallye pas encore joué"

"C’est vraiment dommage ce qui est arrivé vendredi (la Toyota de ten Brinke et de son co-pilote belge Tom Colsoul a abandonné suite à un incendie) . C’est horrible de devoir quitter la course de cette manière pour Bernhard et Tom. On voit que cette course est imprévisible et terriblement difficile. Mon équipe a encore quatre voitures dans le Top 10. Les écarts sont conséquents mais c’est un rallye en deux phases. À partir de lundi, une tout autre course débute avec beaucoup de hors-piste et de la navigation difficile. Le rallye n’est pas encore fini."