Dimanche, le Belge de 21 ans Daymond Martens a remporté son premier Enduropale du Touquet.

C’est chez lui, à Macon, un petit village situé à côté de Chimay, à quelques encablures de la frontière française, que nous avons rencontré Daymond Martens. Le jeune pilote de motocross revient sur sa superbe victoire, dimanche, à l’Enduropale du Touquet. Un succès qui a laissé des traces. "J’ai la grippe. Nous avons fait une fête après la course, je pense que j’ai attrapé froid", raconte, avec le sourire, le lauréat de ce 42e Touquet.

Un son de télévision attire alors notre attention. Des motos, du sable, la mer et du vent… sans aucun doute, Daymond Martens visionne son sacre sur les plages du Nord-Pas-de-Calais. "C’est la première fois que je vois les images de la course. Vous tombez bien, c’est presque l’arrivée", poursuit-il.

En parlant d’arrivée, quel sentiment incroyable, pour un jeune homme de vingt et un ans, de remporter une course aussi prestigieuse que le Touquet. "En passant la ligne, j’ai fondu en larmes et j’ai pensé à ma maman décédée en juin dernier. Mon papa m’a, ensuite, rejoint et nous nous sommes serrés dans les bras. Je dédie cette victoire en premier lieu à mes parents. C’est le plus beau cadeau que je pouvais leur donner", déclare le jeune champion, les yeux rougis d’émotion. "Ils ont sacrifié quinze ans de leur vie pour moi."

C’est d’ailleurs son papa qui lui donna le goût du motocross. "Il roulait, tout comme mon tonton. J’ai eu ma première moto à l’âge de trois ans. C’était déjà une Yamaha, une 50 cm³. J’ai commencé à faire des courses. Je me débrouillais plutôt bien. Mon père a donc décidé d’arrêter la compétition pour me suivre."

Le pilote de Macon débutera son parcours en Belgique, mais les structures n’étant pas assez développées, il prendra très vite la direction de la France. "Il y avait davantage de courses chez nos voisins. Le niveau était également plus élevé et je recevais plus d’aides. J’ai continué à rouler un peu en Belgique, j’ai notamment été champion national, chez les Espoirs, en 250 cm³. Mais, la France m’apporte beaucoup plus au niveau des compétitions et des sponsors."

Habitué aux championnats de motocross sur terre, Daymond Martens va alors y découvrir et prendre goût aux courses sur sable. Très vite, il prouve qu’il est doué sur ce terrain. En 2013, il décroche son premier Touquet, chez les juniors. L’année suivante, il prend part à la course chez les seniors et signe une encourageante 19e place. L’édition 2015 va, elle, marquer un tournant dans la carrière du jeune pilote. "J’ai fini à la deuxième place, derrière Adrien Van Beveren. Cette performance m’a permis de me faire remarquer par le team Yamaha France. Je suis, depuis lors, pilote officiel pour cette équipe. Je vis donc de ma passion, pour mon plus grand bonheur", conclut notre champion.


Daymond a prouvé qu’il pouvait être le nouveau Roi des dunes

Depuis 2011, plus aucun Belge n’était parvenu à inscrire son nom au palmarès de la plus réputée des courses de sable d’un jour. C’est désormais chose faite grâce à Daymond Martens. Il succède à Éric Geboers, à Gérald Delépine et à Steve Ramon.

La pression était pourtant grande sur notre compatriote. Porteur de la plaque rouge de leader du championnat de France de course sur sable, il pouvait être sacré champion en cas de succès, mais Daymond Martens avait aussi une épée de Damoclès au-dessus de la tête. "Le team Yamaha France m’avait dit que si je ne faisais pas de podium au Touquet, il serait obligé de se séparer de moi. Nous sommes trois pilotes et, l’année prochaine, il n’en restera qu’un. Tout se jouait donc sur cette course", raconte notre pilote belge. "Malgré toute cette pression, et mon abandon l’an dernier, je suis arrivé serein sur les plages de la Côte d’Opale. J’ai réalisé un super départ. Cela m’a mis dans de bonnes conditions pour le reste de l’épreuve. J’ouvrais le circuit et j’adore cela."

Daymond Martens ne lâchera plus la tête de la course et gérera de main de maître son avance même si, dans la dernière demi-heure, il verra revenir Adrien Van Beveren, triple vainqueur de l’épreuve et quatrième du dernier Dakar. Il se fera également une énorme frayeur dans le dernier tour, tombant en vue de l’arrivée. "Je n’ai pas réfléchi, je suis remonté sur ma moto. Je n’avais qu’une idée en tête, gagner. J’ai bien senti le souffle d’Adrien dans mon dos. Mais, il a brûlé son embrayage. Il a dû s’arrêter pour le couper. J’ai pu creuser à nouveau l’écart et m’imposer. Mis à part ma chute, j’ai réalisé la course parfaite."

Pour le citoyen de Macon, ce sacre sur le Touquet 2017 est la consécration de longues heures d’entraînement à bouffer du sable, de nombreux efforts et sacrifices réalisés depuis six mois et même de longues années.


Une participation au Dakar dans le futur ?

Après cette victoire au Touquet, nous avons demandé à Daymond Martens si lui aussi pourrait participer dans les années à venir à la plus célèbre course de rallye-raid. "On me parle déjà du Dakar . Mais, je n’ai que 21 ans. Cette épreuve me fait peur à l’heure actuelle", raconte notre pilote belge. "De ce que j’ai pu échanger avec Adrien Van Beveren, c’est assez dangereux. Donc, pour l’instant, je n’y pense pas. Mais, pourquoi pas y prendre part un jour avec Yamaha." En attendant, Daymond Martens souhaite poursuivre sa progression sur terre et sur sable et décrocher, l’année prochaine, une deuxième victoire sur l’Enduropale du Touquet.