Les puristes de l’épreuve lancée en 1985 doivent s’étrangler. Il y a encore cinq ans, une soixantaine de 2CV de tous poils prenaient le départ de leur propre course de 24 H à Spa-Francorchamps. Elles seront moins de 40 ce week-end. Elles sont même en minorité face aux Citroën C1, qui seront près de 70 !

D’abord imaginées pour compléter le plateau des 2CV, les C1 leur font de l’ombre désormais. À un tel point qu’on se demande s’il ne faudrait pas rebaptiser l’épreuve "24 Heures Citroën", qui demeure néanmoins l’archétype du sport auto belge accessible où un volant se monnaie environ 500 € de l’heure. Trois fois moins qu’en Fun Cup…

Plus fiables, un peu moins coûteuses et demandant moins d’entretien, les C1 dérivées de la série n’en demeurent pas moins nettement plus lentes que les meilleurs protos 2CV, qui sont de vraies autos de course avec leur carrosserie profilée, leur flat-twin BMW et leur boîte séquentielle 5 rapports. Lors des essais, les plus rapides ont tourné en 3:15, mettant 12 secondes aux C1 les mieux pilotées alors que leurs puissances sont similaires.

Les organisateurs doivent être conscients qu’il faut que la 2CV redevienne majoritaire. Ou, sinon, il n’y aura plus que des C1 en piste d’ici quelques années. Une solution pour séduire les équipes serait de proposer la même recette que pour les C1, tout en laissant la liberté à ceux qui le désirent de construire leur voiture de A à Z : mandater officiellement un préparateur qui fournirait à la demande un kit constitué du châssis, des trains roulants, d’un ensemble moteur-boîte à crabots fiable, de l’arceau et de tous les éléments de sécurité. Une carrosserie serait disponible en option.

D’ici là, des noms ronflants comme Palttala, Duez, Andruet, Lémeret, Bedoret, Cherain, Gaban ou encore Van de Poele affronteront les meilleurs spécialistes des 2CV et des C1. Gageons que l’ambiance sera bon enfant samedi à 17 h pour le départ sous le signe de l’été indien.