Le pilote de Cul-des-Sarts accuse Citroën d’avoir étouffé sa Xsara pour favoriser Loeb

CUL-DES-SARTS Dans une interview récemment accordée à la RTBF à écouter sur le site www.rtbf.be/sport, François Duval a reparlé de l’époque (2005) où il était pilote d’usine Citroën.

Mais il s’emmêle un peu les clés de dix et réécrit l’histoire en évoquant le scénario du Rallye d’Allemagne… 2007.

On se souvient tous qu’il est rentré en tête avec quelques secondes d’avance à la fin de la première étape (et non pas 14 secondes d’avance à quelques spéciales de l’arrivée) au volant de la Xsara jaune privée Kronos, devant la C4 de Loeb.

C’est alors que, selon lui, “Citroën a rendu ma voiture malade pour ne pas que je gagne.”

Il ne mentionne pas le fait que, dès la première spéciale du lendemain en effectuant un double tête-à-queue, il a perdu quarante secondes et s’est bien rattrapé ensuite en faisant craquer Grönholm pour décrocher la deuxième place finale. “Ce type de déclaration ne mérite pas de commentaire. C’est absolument faux,” a réagi son team-manager de l’époque Marc Van Dalen.

Deux ans auparavant, après avoir mené lors des premières spéciales du Deutschland pour son retour après sa mise à pied , François avait achevé l’étape initiale avec 11 secondes d’avance sur Loeb. Sentant la menace, Guy Fréquelin avait alors décidé de figer prématurément les positions afin d’éviter que le duel ne tourne mal, comme à Monte-Carlo. “Je regrette d’avoir signé avec Citroën. Si j’étais resté chez Ford, je serais à la place de Latvala ou Hirvonen. Citroën m’a fait signer pour enlever un sérieux rival à Sébastien. Cela m’a tué. Ils m’ont ensuite mis dans un team B [?] sans respecter mes deux ans de contrat,” raconte un “Dudu” oubliant tout de même un peu ses nombreuses boulettes (Monte-Carlo, Sardaigne, Chypre) de la saison. “J” aurais mieux fait de rester sagement derrière Sébastien. Mais quand vous êtes pilote, vous voulez gagner,” analyse-t-il avec le recul avant d’avouer ce qui l’a plus réellement ruiné : “Sébastien était à fond dedans, à 100 %. Moi je voyais cela comme un hobby et j’avais encore la tête au garage.”

Un manque de professionnalisme, d’implication et de motivation qui auront coûté la carrière de celui qui reste notre seul vainqueur en Mondial , une véritable perle rare.



© La Dernière Heure 2011