Notre ex-vainqueur de Mondial revient au rallye en Mini après trois ans d’absence


JAMBES C’est incontestablement l’événement de ce week-end pour les amateurs d’épreuves routières. Pour ses trente ans, le Rallye de Wallonie débutant ce soir par l’assaut de la Citadelle fête le grand retour de François Duval. Quasi trois ans après sa dernière participation en WRC (Allemagne 2010), Dudu sera le principal adversaire de Freddy Loix aux commandes de la Mini John Cooper alignée par le team local First. Entretien avec le dernier vainqueur des Legend Boucles de Spa.

François qu’est-ce qui, à 32 ans, a motivé votre retour à la compétition moderne ?

“D’abord je voulais faire plaisir à l’organisateur Etienne Lerson qui souhaitait rassembler un maximum d’anciens vainqueurs pour les 30 ans de son rallye. Je suis juste un peu déçu qu’il n’ait pas tenu toutes ses promesses car aujourd’hui, il nous manque encore quelques billets de 1000. Et je ne tiens pas à les mettre de ma poche ! Ensuite, pour le bonheur de mon fils Antoine. Vous auriez dû voir son sourire quand j’étais aux commandes de la Mini en tests. Il adore les voitures de course. Et il y a trois jours, il a commencé à rouler avec un petit quad Suzuki 50. À deux ans et demi ! Il est plus précoce encore que moi…”

Et puis Willy Collignon vous a appelé pour vous proposer le volant de cette Mini WRC…

“Oui, j’ai toujours gardé de bons contacts avec First depuis l’époque de la Skoda en 2006 quand on a disputé plusieurs mondiaux et gagné le Condroz avec la Fabia. Je préfère revenir sans pression avec un petit team et mon pote André Leyh.”

Comment se sont passés vos essais mercredi en France, pas loin de Cul-des-Sarts ?

“Très bien. Je n’avais jamais roulé avec une WRC moderne 1.6 Turbo. Mais après 2 km en liaison, je me suis senti directement à l’aise. J’ai attaqué d’emblée sur la base comme si j’étais en spéciale et j’ai pris beaucoup de plaisir. C’est comme si j’avais arrêté avant-hier. La pointe de vitesse est toujours là, le pilotage aussi. L’auto va bien. On a fait 150 km d’essais et je n’ai pas dû changer grand-chose aux réglages. Le moteur est un peu poussif surtout en montée, mais l’ensemble est excitant. La boîte séquentielle est sympa et le moteur gueule un peu. Cela me rappelle la Puma ! Seuls bémols, nous n’avons pas encore la dernière évolution moteur ni la boîte longue ce qui va nous pénaliser pas mal en vitesse de pointe sur un parcours aussi rapide.”

Quelles sont vos ambitions pour ce retour ?

“Avant tout me faire plaisir et réjouir mes supporters. Je ne veux pas me prendre la tête. Freddy Loix est logiquement le grand favori. Sa WRC est supérieure. Il possède une Ford deux litres alors que je roule avec un 1600cc. Et en plus, c’est déjà son 3e rallye de la saison avec cette auto. Je n’ai idée du classement auquel je peux prétendre car je ne sais pas qui roule…”

La pluie annoncée pourrait-elle jouer en votre faveur ?

“Pas du tout ! S’il pleut, ce sera la catastrophe. Je n’ai pas fait un mètre sur le mouillé avec cette auto et First n’a aucune expérience des réglages à adopter avec la Mini sur terrain glissant.”

Y aura-t-il une suite ? S’agit-il d’un vrai come-back ou d’un one-shot ?

“Laissez-moi déjà disputer ce rallye et puis on verra. Willy a des projets pour un mini-programme de plusieurs épreuves. Mais il faut trouver des sous.”

Et quid de l’Allemagne en Citroën DS3 WRC ?

“Je n’ai plus eu de contact avec Yves Matton depuis Spa. Le Deutschland n’est pas vraiment un objectif. Cela fait trois ans que je n’ai plus roulé là-bas et la méconnaissance du terrain constituera un handicap. Si je dois revenir, cela se fera progressivement. Je ne suis pas encore prêt à subir la pression d’un team officiel, d’être nominé et tchic et tchac. Je veux d’abord m’amuser.”

© La Dernière Heure 2013