Rallye de Grèce. L'équipier belge a même mené mais n'a pu résister au retour de Grönholm

ATHÈNES Tout cela pour ça ! Le retour en Mondial de François Duval après six mois d'absence a malheureusement été avorté. Les efforts de toute l'équipe Skoda First pour être au départ n'ont pas été récompensés. Après trois spéciales, hier, sous la canicule grecque, le moteur de la Fabia WRC a pris un coup de chaud : "Le témoin de température indiquait 120 degrés à la sortie de l'ES4, racontait un Dudu dépité. Et elle continuait à grimper en liaison. On s'est donc arrêté pour constater qu'il y avait une fuite d'eau et que le ventilateur ne tournait plus. Comme il restait 75 km jusqu'au départ de l'ES5, on a décidé d'en rester là pour que le bloc ne soit pas carrément cuit. Au démontage, on a constaté que le radiateur était simplement fendu. Une faiblesse d'un organe fatigué car on n'a pas pris un seul gros choc. Comme le joint de culasse a souffert, on ne repartira pas samedi."

Déjà obligé de passer en mode manuel pour passer les vitesses dans le premier tronçon du jour, le pilote de Cul-des-Sarts occupait la 11e pla- ce au moment de son retrait, à 1.19.6 du leader après un 13e, un 10e, puis un 12e temps : "La voiture est dépassée. On a reculé par rapport à l'an dernier. Je me suis bien battu, je n'ai pas commis une seule faute et, en regardant le tableau des chronos à l'arrivée, je me disais que je n'avais jamais été classé aussi bas. On a du boulot pour la Finlande." Pour autant qu'il y aille. Et si c'est le cas, qu'il y pilote encore une Skoda...

Heureusement, les supporters belges pouvaient se consoler, à la mi-journée, avec le leadership d'un autre compatriote en la personne de Stéphane Prévot, ex-copilote de Duval disputant son troisième rallye à droite de l'Australien Chris Atkinson. Profitant d'une meilleure position sur la route lors de la première boucle, le pilote Subaru, auteur des scra- tches dans les ES3 et ES4, a mené l'épreuve durant quatre spéciales, rappelant ainsi d'excellents souvenirs à son copilote hutois. Hélas ! sur des routes plus nettoyées, les Impre- za WRC de Solberg et d'Atkinson ne purent résister lors du second passage au retour du balayeur matinal Marcus Grönholm, en tête hier soir avec une avance de 8 secondes sur un Mister Hollywood emmenant un peloton de cinq pilotes (dont Atkinson, 3e à 9.0) groupés en 2.4.

Les six voitures d'usine en dix secondes au terme de la première éta- pe, six vainqueurs différents en huit spéciales, cela faisait très longtemps que l'on n'avait plus assisté à pareille bagarre. "J'ai bien limité les dégâts en ouvrant lors de la première boucle car il y avait pas mal de graviers" , racontait le pilote Ford, estimant par ail- leurs que "tout va se jouer samedi lors des deux passages dans la longue spéciale de 48 km. Je serai content d'en être sorti."

Un enfer sous cette chaleur dans lequel Sébastien Loeb, quatrième ce matin, espère remonter : "La journée a commencé par un tête-à-queue me coûtant une dizaine de secondes mais s'est terminée par un meilleur temps. Les écarts sont très serrés. C'est gai mais attention : notre principal rival reste le terrain. Personne n'est à l'abri d'une crevaison. Ou pire..."



© La Dernière Heure 2007