Moteurs Le trio Alonso-Nakajima-Buemi un peu gêné d’avoir doublé son succès de 2018.

Pas d'euphorie ou d’explosion de joie. Les vainqueurs chanceux de cette 87e édition ont fêté très sobrement un succès au goût amer. "J’étais content de la 2e place synonyme de titre mondial ; je ne suis pas heureux de ce succès. Les pilotes de la n° 7 étaient plus forts que nous ce week-end" , lançait en premier Sébastien Buemi.

"La victoire s’est décidée par autre chose que notre performance. Mais j’ai déjà connu cela dans l'autre sens par le passé", embrayait Kazuki Nakajima, premier Japonais à remporter le titre mondial d'endurance et à décrocher deux victoires au Mans.

"C’est incroyable et totalement inattendu" , confirmait Fernando Alonso, heureux d’ajouter un 3e titre mondial à son palmarès. "Nous n'avions pas le rythme de la voiture sœur et ne méritions pas de gagner. Mais la chance et la malchance font partie du sport auto. En 2007 avec McLaren, puis en 2010 et 2012 avec Ferrari, j’aurais dû être sacré, mais des éléments extérieurs en ont décidé autrement. On dit généralement ici que c’est la course qui choisit son vainqueur."

L’Espagnol achève ici son premier chapitre WEC avec Toyota. "Je ne pouvais m'engager jusqu’en juin 2020 car j’ai encore d'autres défis à relever. Mais je reviendrai au Mans et en Endurance. Je ne prends qu'un petit break" , rassure-t-il.

Dans le camp adverse, la pilule est dure à avaler. "En ce moment, je déteste Le Mans", grimace Kamui Kobayashi, heureux d’être sorti vivant de "cette jungle avec 61 voitures" . "On réessayera l’an prochain."

José-Maria Lopez avait également un goût amer dans la bouche. "C’est cruel", commentait l’Argentin. "Je ne crois pas en la chance, mais ce n’était pas notre jour. Comme à Spa déjà. Je ne vois pas comment on va pouvoir digérer cela."

Et de terminer néanmoins avec une pointe d’humour : "Peut-être que cela passerait mieux au moins si les vainqueurs nous donnaient leur Rolex..."