La première victoire de Felix Da Costa, qui partit depuis la pole position, est tombée à point nommé pour cet excellent pilote et son équipe Andretti BMW. Psychologiquement, c’était l’idéal puisque le championnat propose diverses nouveautés dont une voiture entièrement redessinée et un moteur plus puissant que celui de la version 1, utilisé durant les quatre premières saisons de Formula E.

Da Costa a eu un petit peu de chance puisque le champion sortant, Jean-Eric Vergne, domina les débats peu avant la fin de l’épreuve mais n’utilisa pas son « boost » au bon moment. Il fut également piégé par la safety car. Pendant ce temps, Jérôme D’Ambrosio, nouveau venu chez Mahindra, fit exactement l’inverse. Longtemps sixième puis cinquième, notre compatriote visa la cible, nommée podium, de manière particulièrement efficace, se retrouvant deuxième après l’intervention de la voiture de sécurité. Certes, il fut dépassé par Vergne mais le Français disposait clairement de la meilleure voiture du jour. D’ailleurs, son équipier, le demi-Belge André Lotterer, se mêla également à la lutte pour la victoire mais il dut se contenter finalement de la cinquième position derrière Evans mais devant Buemi et Rowland. Abt, Di Grassi et Piquet suivirent mais ils espéraient mieux que d’être englués dans le ventre mou du peloton.

Troisième, D’Ambrosio était aux anges. Sa nouvelle formation, Mahindra, peut être fière de notre compatriote usant à merveille des particularités de ce championnat dont le règlement sportif doit être connu sur le bout des ongles. En effet, il offre des chevaux supplémentaires dans certaines circonstances et sous des conditions bien établies.

« J’ai bien potassé la réglementation », confia Jérôme. « Et mon ingénieur aussi ! Il ne fallait pas jeter toutes ses forces dans la bataille dès le départ même si le mien fut très correct. Mon résultat me va droit au cœur. Pour entamer une nouvelle association avec une équipe d’un grand professionnalisme, je ne pouvais rêver mieux. Je sais que nous monterons sur d’autres podiums et pourquoi ne signerait-on pas des victoires ? Je ne sais pas si je serai en mesure de viser le titre mais ce soir, cela reste un objectif. »

Et Vandoorne ? Excellent quatrième sur la grille, Stoffel, sans expérience et sans connaissance des arcanes de la Formula E, fit parler son talent en début d’épreuve, pointant à sa place de quatrième dès l’envol. Bientôt cinquième, il fut scalpé par son compatriote D’Ambrosio et après un quart d’heure de course, sa machine ne répondit plus parfaitement à ses exigences. Il subit une longue descente vers une dix-septième place finale qui ne correspondait absolument pas à ce qu’il avait démontré auparavant. C’est la technique qui fut en cause. La compétitivité du gaillard n’est pas du tout mise sur la sellette. A revoir.