Formule 1: comme la cache de Ben Laden

O. d.W.
Formule 1: comme la cache de Ben Laden
©EPA

Les teams travaillent dans le grand secret

BARCELONE Après deux jours de caprices, la météo est redevenue plus clémente hier à Barcelone où, après deux mois et demi de trêve obligatoire, la saison 2002 de F 1 a officiellement démarré lundi avec les premiers essais hivernaux. Camions-ateliers alignés plus régulièrement (le nouveau BAR à deux étages est hors normes) que des chronos encore peu significatifs, stands aussi bien gardés que la cache secrète de Ben Laden, yeux rivés sur les moniteurs, V 10 rugissant, on se croirait déjà à la veille du GP d'Espagne. Avec trois écuries en moins (Arrows, Minardi et Prost) mais aussi quelques nouvelles têtes comme les débutants Allan McNish, Takuma Sato (Jordan) et Felipe Massa (Sauber) ou les pilotes d'essai Pizzonia et Davidson. Avec seulement trois monoplaces 2002 (la BAR-Honda, la Jaguar et la Toyota) et une Benetton -pardon Renault- repeinte provisoirement en jaune et blanc. Avec le miraculé Burti de retour sur le banc Ferrari et un David Coulthard profitant de la forme de ses nouveaux Michelin (le manufacturier a apporté 2.000 gommes pour la semaine) et de l'absence d'un Michael Schumacher encore en vacances pour fixer, entre deux averses, le meilleur temps provisoire de la semaine en 1.21.157 avec sa vieille McLaren- Mercedes. A 42 jours de l'embarquement pour Melbourne, le compte à rebours a bel et bien commencé. Suite à l'interdiction de tout essai depuis le dernier GP du Japon, l'ambiance jadis plus décontractée des essais privés FIA est devenue encore plus studieuse. A huit semaines du coup d'envoi de la saison, il n'y a vraiment plus une minute à perdre. Au point de supprimer la pause de midi et de tourner à plein régime de 9h à 17h. "La montre est notre principal ennemi", sourit encore le vert Ange Pasquali en tapant du doigt sur son horloge. "Il faut constamment se battre contre le temps dans un monde où quelques millièmes de seconde seulement peuvent faire la différence." Une pression constante engendrant un stress inévitable. "Cela fait partie du métier. Quel que soit le domaine, je ne peux pas imaginer que quelqu'un fasse convenablement son boulot sans une part de stress." Mais être pro, c'est justement savoir gérer ce stress positivement, le transformer en perfectionnisme, souligne un team manager dont le cerveau ne se repose jamais. "La nuit, je ne dors pas, je réfléchis. D'ailleurs, lorsque je me couche, j'ai toujours un petit carnet sur ma table de nuit. Et il m'arrive souvent de rallumer la lumière pour noter quelques idées." A moins de deux mois du feu vert australien, la F 1 fait tourner les têtes. "C'est comme lorsque vous êtes nouveau dans une boîte. Vous vous impliquez encore plus, vous êtes généralement supermotivé mais aussi plus angoissé. Vous avez l'impression que tous les regards sont braqués sur vous et vous ne comptez pas les heures supplémentaires pour faire votre place." Et en F 1 plus que nulle part ailleurs, les bonnes places sont chères. Et pas toujours à vendre...

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