Formule 1: Toyota tourne dans la sauce

Olivier de Wilde
Formule 1: Toyota tourne dans la sauce
©EPA

Salo a relayé McNish chez les petits derniers, en essais à Barcelone

BARCELONE Comme ses potes Coulthard et Villeneuve, Mika Salo a succombé pour son retour en F 1 à la mode du motor-home grand luxe plutôt que le traditionnel hôtel quatre étoiles aussi aseptisé que le paddock. "Bien plus pratique, bien plus personnel, pas de problème de trafic!" s'exclame le Finlandais débarqué avant-hier à Barcelone. "On se sent comme chez soi." Maintenant, il ne reste plus qu'à trouver l'emplacement idéal à proximité de chaque circuit. "Le plus loin possible de mes deux camarades. Surtout Jacques", se marrait-il comme un gosse, mercredi soir, avant de quitter notre table en s'excusant: "Désolé mais je suis fatigué. A 4 h de l'après-midi, je tournais encore au Paul Ricard et demain je recommence ici à 9h. Le temps va vraiment passer très vite d'ici à Melbourne." En Australie où, dans un peu plus d'un mois et demi, débutera en Grand Prix sa nouvelle Toyota, étrennée lundi dans le sud de la France, puis découverte le lendemain en Espagne. Alors prêt pour le grand défi? "La monoplace me paraît bien née. Nous n'avons pas rencontré de souci majeur. Mais il reste beaucoup de travail de développement. Nous sommes deux à trois ans au moins derrière tout le monde. Nonante pour cent de l'équipe, composée de trente nationalités différentes, est nouveau. Le plus dur est de faire prendre la sauce. D'acquérir les bons automatismes. Chez Ferrari, tout tourne naturellement. Chacun est à sa place et sait exactement ce qu'il doit faire. Ici, il manque encore un peu d'huile dans les rouages. Cela risque de prendre encore un peu de temps. Pour l'instant, Toyota possède la structure d'un grand team mais fonctionne encore comme une petite écurie."

"Le moteur, notre point fort"

Confirmation auprès de Richards Cregan, le directeur général de TMG, l'homme juste en dessous d'Ove Andersson, grippé. "Il faut trois éléments pour faire avancer une F 1: un bon châssis, un bon moteur et une bonne équipe. Notre V 10 (NdlR: 360 seront construits en 2002!) est notre point fort. Il est puissant et souple. Reste juste à voir la fiabilité. Je ne me tracasse pas non plus pour notre châssis dessiné par Gustav Brunner. Le plus difficile est vraiment de mettre en place une équipe efficace."

"C'est la plate-forme sur laquelle nous allons construire notre tour," embraye le jeune directeur sportif Ange Pasquali. "Avant de monter étage par étage, il faut s'assurer que les fondations soient assez solides." Même avec un bulletin de dernier de la classe (à 4 secondes de la McLaren de Coulthard), mercredi, en présence de tous les meilleurs élèves, le premier examen pouvait être considéré comme réussi pour des débutants très observés. "On a travaillé dans la sérénité. Les conditions météorologiques changeantes ne nous ont pas aidés. On a peu roulé sur le sec mais on a accumulé les tours (116 lors des deux premiers jours) sans réel problème. Sans jamais chercher à faire un chrono mais en ramenant un maximum d'informations utiles pour le futur." Le plus important est que la première impression des deux pilotes soit bonne: "L'équipe vise simplement la qualification et l'arrivée en Australie. Mais mon objectif est plus élevé", reprend Salo qui, à 33 ans, estime qu'il achèvera certainement sa carrière chez Toyota. "Je n'ai pas encore fixé de date mais, croyez- moi, ce sera avant dix ans..." Espérons pour lui pas avant 2006, échéance fixée par la direction pour le titre mondial. Mais d'ici là, il reste du chemin...

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