Formule1: les beaux restes de Ferrari

Olivier de Wilde
Formule1: les beaux restes de Ferrari
©EPA

Michael Schumacher déjà le plus rapide malgré sa vieille F 2001

MELBOURNE A l'image des cordonniers pas toujours les mieux chaussés, le quadruple champion du monde Michael Schumacher sera le seul dimanche, avec un équipier Barrichello plus vindicatif que jamais ("je veux être une pierre dans la chaussure de Michael", a-t-il déclaré maladroitement), à ne pas disposer au départ du premier Grand Prix de la saison de sa nouvelle monoplace. Malgré ses divers titres mondiaux, des budgets comparables à ceux de la Nasa, des ingénieurs prêts à réinventer la roue et deux équipes d'essais avec l'Italien Badoer et le Brésilien Burti, l'écurie réputée pour être la meilleure et surtout la plus rapide de la planète n'a pas réussi à être prête à temps. Un comble!

Présentée tardivement, le 6 février à Maranello, après une intersaison plus courte que jamais suite à l'interdiction de tout essai privé entre le GP de Suzuka et le 1er janvier dernier, la F 2002 de look pourtant peu révolutionnaire (mais les apparences seraient trompeuses avec notamment une toute nouvelle et mystérieuse boîte de vitesses) n'a pas réussi tous les tests de fiabilité afin de pouvoir être étrennée en Grand Prix dès la manche d'ouverture en Australie.

"Notre nouvelle monture s'est d'emblée avérée très performante puisque j'ai établi un nouveau record de piste à Mugello," explique le champion du monde en titre. "Mais les intempéries et divers casses mécaniques ne nous ont pas permis de mener à bien nos tests d'endurance." Et sans deux ou trois simulations de courses réussies, il aurait été trop risqué pour les Rouges de lancer leur nouveau Cheval Cabré dans l'Albert Park. "Je suis un peu déçu de ne pouvoir piloter ici la F 2002", avouait jeudi celui qui reste néanmoins le tout grand favori de la saison à venir. "Ce n'est pas de gaieté de coeur. Mais que pouvions nous faire d'autre? Peut-être cette décision a-t-elle été provoquée par le fait qu'il existait une bonne solution de rechange. Le regretterons-nous? Il est trop tôt pour en juger." En attendant, la Scuderia a ressorti de son box son étalon 2001, une F 2001 au volant de laquelle Schumi s'est imposé lors du dernier Grand Prix du Japon après avoir battu tous les records (points et victoires) de Prost et remporté très facilement un 4e titre. Pas vraiment un canasson, donc, comme son fier jockey allemand l'a d'emblée démontré hier en dominant les premiers essais libres. "Je suis un peu surpris," souriait-il. "Bridgestone a fait de l'excellent boulot. Et contrairement à nos adversaires, on connaît notre auto sur le bout des doigts. Mais attendons dimanche avant de trop nous réjouir", concluait-il prudemment en espérant certainement terminer au moins dans le tiercé de tête demain à l'aube et ne pas mettre ainsi fin à l'incroyable série (un record) de 36 Grands Prix sur le podium pour Ferrari?

Todt mise sur la fiabilité

En fin tacticien, Jean Todt a sans doute encore pris la décision la plus sage. Car même si la vieille Ferrari n'est plus intrinsèquement la plus rapide, la fiabilité a toujours constitué un facteur déterminant lors du premier Grand Prix australien. "Je suis à la fois curieux, impatient et excité de voir le résultat", reconnaissait le n°1 mondial assuré pour la bagatelle de 90 millions d'euros en cas d'accident ne lui permettant plus d'exercer son métier. "Il y a pas mal d'interrogations, comme par exemple les Sauber."
Avec la stabilité du règlement, l'expérience et la montée en puissance de Michelin face à Bridgestone dont Ferrari reste la seule écurie de pointe, on va certainement assister à un resserrement des forces en présence. "Cette saison s'annonce plus difficile mais notre objectif reste de conserver nos deux titres mondiaux!" a conclu un Michael Schumacher réaffirmant sa fidélité à vie à Ferrari, qui ne débarquera dans quinze jours en Malaisie avec la F 2002 que si les essais de la semaine prochaine s'avèrent concluants.

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