Grand Prix de Malaisie: gare... au malaise!

ENVOYÉ SPÉCIAL EN MALAISIE OLIVIER DE WILDE
Grand Prix de Malaisie: gare... au malaise!
©EPA

La course de dimanche s'annonce très chaude

SEPANG Vu d'avion, le superbe complexe de Sepang à l'architecture futuriste planté au milieu des palmiers, à 90 kilomètres des tours jumelles de Kuala Lumpur, ressemble à un immense papillon déployant ses ailes. Ou à la base du vaisseau Entreprise dans Star Trek.
Un circuit ultramoderne jouxtant l'aéroport dans lequel les organisateurs, bien aidés par l'Etat malais assurant les pertes des premières éditions, ont investi 170 millions d'euros pour la seule F 1.
Ou presque... Le sport automobile est sous-développé dans une capitale de la contre-façon visitée il y a peu par Philippe et Mathilde. Alors qu'en Australie, les épreuves annexes se succédaient à un rythme infernal depuis le jeudi, ici les spectateurs n'auront droit en lever de rideau qu'à une manche de la Suzuki Hayabusa, des petites monoplaces à moteurs de motos, pour laquelle il a fallu réquisitionner dix pilotes japonais faute de licenciés malais...

Un public ne garnissant l'an dernier pas la moitié d'un véritable stade automobile pouvant accueillir 140.000 personnes dont 30.000 assises à l'ombre de gigantesques parasols. Espérons que la présence du jeune pilote local Alex Yoong et le résultat miraculeux à Melbourne de Minardi arborant de grands Go KL sur leurs flancs draineront un peu plus de curieux cette année (62.000 tickets à 100 ringgit, soit 30 euros, ont déjà été vendus) lors d'un Grand Prix où les Sauber-Petronas -le pétrolier local est le principal sponsor ici- jouent également quelque part à domicile.
Outre un circuit idéalement orienté afin que les pilotes ne soient pas éblouis par le soleil, avec deux interminables lignes droites dignes d'une piste d'aviation et des virages (en majorité à droite) plutôt serrés moyennement intéressants s'ils n'étaient larges comme des boulevards favorisant ainsi les dépassements, Sepang se caractérise surtout par la chaleur étouffante, moite et humide (un taux de 52% hier) vous collant les vêtements dès votre arrivée sous un ciel brumeux. Une véritable chape de plomb transformant les boxes en saunas et les cockpits en bains turcs. A la fin d'une mousson également synonyme d'orages tropicaux (on se souvient de l'averse inondant la piste l'an dernier après 3 tours), le thermomètre avoisine régulièrement les 38 degrés... à l'ombre en milieu de journée.

Un véritable enfer pour des pilotes dégoulinant dans leur combinaison antifeu et perdant plusieurs kilos lors d'une épreuve très éprouvante physiquement que certains terminent au bord de l'évanouissement.
Une fournaise à ce point insupportable pour ceux ne disposant pas de la climatisation que les organisateurs envisagèrent un instant de faire disputer le Grand Prix en nocturne, à la lueur de projecteurs, comme cela se fait régulièrement aux Etats-Unis. Une idée jugée intéressante par Bernie Ecclestone. Outre son caractère innovateur et spectaculaire, cette solution offrait l'avantage d'une température plus fraîche et d'un horaire moins matinal pour les millions de téléspectateurs européens. Hélas! ce beau projet a vite été abandonné pour des raisons de sécurité mais surtout de coûts.
S'ils souffrent du climat, nos stars en sueur n'auront qu'à songer dimanche à ces familles passant des journées et des nuits entières, sans aucune hygiène, entassées à six dans une voiture garée sur le parking d'un supermarché de Kuala Lumpur pour tenter de gagner un stupide concours organisé par une radio locale. Par ce temps, c'est pour mourir. Tout cela dans l'espoir de remporter la prison dans laquelle ils s'autoenferment. Gare au malaise en Malaisie...

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