Montoya reste cool...

De notre envoyé spécial, Olivier de Wilde
Montoya reste cool...
©EPA

Le bouillant Colombien s'élancera juste derrière Michael Schumacher

SEPANG Qui pourra battre la Ferrari n°1 de Michael Schumacher dimanche? Après la démonstration offerte par l'Allemand et sa vieille F 2001 en Australie, on peut déjà craindre pour l'intérêt du championnat que la réponse soit nobody. "Si le championnat sera ennuyant? Non, mais Schumacher sera champion", a répondu le directeur sportif de BMW, Gerhard Berger - sans habilement préciser de prénom - à un fan inquiet pour l'intérêt de la course.

D'autant que ce GP de Malaisie est marqué au fer rouge. En trois éditions, la Scuderia n'y a jamais été battue: trois poles, trois victoires, deux records du tour et deux doublés: difficile d'imaginer meilleur palmarès. Michael Schumacher serait également invaincu à Sepang si, de retour de convalescence, le quadruple champion du monde n'avait été contraint à offrir un succès à Eddie Irvine en 1999. Autant dire que Schumi, qui n'a rien à envier à Jean-Claude Van Damme côté condition physique, aborde l'épreuve de demain très relax. Sans craindre ni une météo tropicale réservant parfois quelques surprises sous forme de précipitations, ni un équipier (Barrichello) gentiment revanchard.

Si les McLaren-Mercedes monopolisaient la première ligne hier à l'issue des premiers essais libres, la menace la plus sérieuse pour le baron rouge pourrait une nouvelle fois venir de ce diable de Juan Pablo Montoya, premier... derrière l'intouchable Schumacher voici quinze jours à Melbourne. Chaussée de gommes Michelin qu'on dit excellentes au four comme sur le mouillé et propulsée par un moteur BMW avionnant sur deux pistes de décollage où son excellente vitesse de pointe favorisera les dépassements, sa Williams pourrait cette fois être l'arme absolue. "En Australie, un mauvais choix de pression m'a pénalisé", explique Monti après avoir troqué sa combinaison trempée de sueur contre un short noir et des baskets convenant parfaitement à son image de gamin très cool, n'hésitant pas à draguer une collègue autrichienne légèrement vêtue en lui demandant quand est-ce qu'elle reprenait le rôle de Sharon Stone dans Basic Instinct. Pas de doute, le pit-bull de Bogota a le sang chaud. Mais garde la tête bien froide.

"Dès que les pneus ont chauffé, nous n'étions plus compétitifs. Je n'ai pu résister longtemps à Michael. Mais notre duel m'a amusé. J'espère qu'il y en aura beaucoup d'autres mais que le vainqueur ne sera pas toujours le même..." Et le Colombien d'évoquer la course de demain. "Avec les Michelin, on sera mieux qu'à Melbourne, c'est certain. Mais je ne suis pas seul. Il y a aussi les McLaren et mon équipier." La chaleur? "Ce sera très dur. Sans doute le plus éprouvant avec Budapest." Des conditions extrêmes nécessitant un entraînement particulier? "Non, je suis en forme. Aujourd'hui, je n'ai pas souffert. Mon but n'est pas d'avoir les plus gros bras, de me sentir le plus fort physiquement, puis de foncer dans le gars qui est devant au départ..." Et hop! une nouvelle pique à l'adresse de son équipier Ralf, lequel ne souhaite qu'une chose: "Que tout le monde soit un peu plus prudent au départ." Et sans doute aussi de rétablir au plus vite l'équilibre au championnat avec le provoquant Colombien. "Mon plan est de battre Ferrari. Mais si Michael l'emporte, je serai heureux pour lui."

On ne peut pas en écrire autant à propos d'un certain Juan Pablo, véritable bête noire des Schumacher.

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