F1: mieux vaut partir derrière...

De notre envoyé spécial, Olivier De Wilde
F1: mieux vaut partir derrière...
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Au grand Prix de Malaisie, Ralf Schumacher profite de l'accrochage entre son équipier et son frère

SEPANG Les affiches placardées à tous les murs de Kuala Lumpur nous avaient prévenus: le deuxième rendez-vous de la saison de la F 1 serait le plus chaud du monde. Au propre avec 38° sur la piste au moment du départ et au figuré avec un nouvel accrochage dès le premier virage entre deux leaders chauffés à blanc, le quadruple champion du monde se cassant le nez sur la Williams-BMW du Rocky colombien. Le duel très attendu entre Michael Schumacher, en pole pour la 44e fois de sa carrière, et Juan Pablo Montoya, à ses côtés en première ligne, devait, en effet, tourner court. On prédisait un incendie mais on assista à un feu de paille dans lequel les deux bouillants artificiers se brûlèrent les doigts.

Un fait de course? Sportivement, sans doute. Mais pas aussi simple. Tout d'abord parce qu'il décida de l'issue du Grand Prix, écartant d'emblée les deux principaux protagonistes même s'ils réussirent l'exploit de remonter de très loin (Montoya pointant à la 11e place et Schumi à la 21e à l'issue du premier tour). Ensuite parce qu'il donna lieu à ce que la majorité considérait comme une erreur d'arbitrage de la part des commissaires sportifs inventant une nouvelle pénalité (un passage par les stands sans stop and go) pour le Sud-Américain, officiellement déclaré coupable d'avoir causé un accident évitable. Une décision surprenante alors que les torts - si torts il y avait - semblaient plutôt partagés, certains se demandant même si le sous-virage de la Ferrari n°1 ne ressemblait pas à un nouveau mauvais réflexe d'un roi excédé par l'audace de ce fou de Juan Pablo, prêt à tout pour le faire vaciller de son trône. Heureusement, la décision injustifiée des trois commissaires sportifs (un Indien, un Malais et un Tchèque) n'influença pas le résultat final. Pour Montoya, le mal était déjà fait. Et même sans les 25 secondes perdues dans la pitlane, Monti, auteur d'une superbe remontée au cours de laquelle il doubla une dizaine de monoplaces, ne serait pas revenu sur son équipier, vainqueur avec 40 secondes d'avance après avoir opté pour ce qui, sur papier, n'était pourtant pas la meilleure tactique.

`Nous avions fait des simulations la veille et, sans trafic, l'ordinateur donnait un faible avantage de dix secondes à la stratégie à deux arrêts!´ confia par la suite Sam Michael, membre d'une écurie Williams- BMW réalisant à l'occasion, comme des Michelin résistant mieux à la chaleur, son tout premier doublé.

Ralf sur un seul arrêt

`Mais, comme je ne m'élançais qu'en quatrième position, j'ai pris le risque d'opter pour un seul arrêt! ´ expliquait un Ralf radieux après un quatrième succès le ramenant au championnat dans le sillage de son frère et de son équipier. `J'ai connu un peu de chance au départ. Chacun son tour. Ensuite, j'ai réalisé la course parfaite. Avec les Michelin, le comportement de ma monoplace était vraiment exceptionnel.´

Prudent deuxième jusqu'au premier arrêt d'un Barrichello ne pouvant se permettre dans cette chaleur - tout comme Schumi - d'accomplir la distance avec seulement deux trains de pneus Bridgestone, Ralf mit ensuite toute la gomme, signant un nouveau meilleur tour en course avant de rentrer chausser de nouveaux pneus presque aussi lisses. Là aussi, la FIA ferait bien de mieux préciser les règles du jeu... Rubens Barrichello avait donc déjà bel et bien course perdue lorsque son moteur rendit l'âme au 40e tour, son équipier Michael Schumacher, revenu du diable vauvert, se chargeant de sauver dans le dernier tour (au détriment de la Renault d'un Button de retour au sommet) le 38e podium consécutif de Ferrari.

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