Montoya a soif de victoires!

Philippe Janssens

Le Colombien avait déjà failli s'imposer en 2001 sur le circuit d'Interlagos

SAO PAULO C'est sous un ciel aussi lourd que la température qui règne dans la région que le petit monde de la F 1 a pris possession, hier, des paddocks du circuit d'Interlagos. Et tandis que chacun croise les doigts pour que les caprices célestes ne viennent pas perturber ce troisième week-end de Grand Prix, les pilotes déambulaient tranquillement entre motorhomes et stands dans l'attente, aujourd'hui, de pouvoir fouler le bitume inégal du fameux tracé brésilien. S'il en est bien un qui avait la cote hier, c'était Juan Pablo Montoya. Accompagné de sa ravissante copine Connie Freydel (les deux tourtereaux s'uniront par les liens du mariage en décembre prochain), le Colombien vient de passer quelques jours de détente dans la région de Carthagène avant de passer par Bogota pour la signature d'accords commerciaux.

Toujours l'air serein, jamais inquiet, toujours affable, l'homme répond avec une franchise qui ne l'a jamais quitté depuis l'époque de son titre en Formule 3000. Pourtant depuis, que de chemin parcouru! Pilote d'essai Williams, l'artiste sud américain, qui servit de monnaie d'échange avec Alex Zanardi, s'en était allé cueillir en l'espace de deux ans, un titre en CART et une victoire aux 500 Miles d'Indianapolis sous la bannière du Chip Ganassi Racing. Et après une saison d'apprentissage, le voilà déjà au sommet, justifiant d'emblée avec les honneurs son rôle de challenger au titre mondial face à l'inamovible Schumacher.

A dire vrai, nombreux sont ceux qui pensent que sa présence est une véritable bénédiction pour l'intérêt de cette saison 2002. Deux premiers accessits et douze points au compteur à la veille de la première manche: le bouillant Colombien est parti sur les chapeaux de roues dans les échappements de la Ferrari du champion du monde. Son rôle de challenger officiel, il l'assume. Il le revendique même, ne prêtant aucune attention aux affirmations du quadruple champion du monde allemand désignant son jeune frère comme son principal adversaire. `Je sais très bien où Michael veut en venir en continuant à affirmer cela, glisse-t-il avec un sourire en coin. Je suis 2e au championnat et il sait pertinemment bien que je suis son principal rival cette saison...´

Entre les deux hommes, la bagarre est bel et bien lancée. Au coude à coude, aucun des deux ne semble prêt à faire à l'autre le moindre cadeau. La preuve par le premier virage du Grand Prix de Malaisie. Elargissant son virage, Schumacher avait testé le répondant du pilote Williams. Le nez de la Ferrari s'en souvient.

Et tandis que certains se demandent encore pourquoi la direction de course s'acharna à punir le seul Montoya (un passage par la voie des stands) au terme de cet incident de course, les deux hommes y allèrent chacun d'un couplet d'indifférence, minimisant largement les événements. `Ce genre d'incident arrive toute l'année, dit Montoya. Ce sont des accrochages normaux en course mais cela a pris des proportions énormes parce qu'il s'agissait de Michael Schumacher. Je me bats pour la première place, lui aussi, il n'y a donc rien d'étonnant à ce que cela survienne en cours de saison. Comme cela pourrait se passer avec d'autres pilotes de premier plan.´

Pour ce qui est du Brésil, là où il avait mené le Grand Prix avant de se faire virer par Verstappen l'an dernier, Juan Pablo part avec la soif de victoire. `La voiture semble fonctionner très bien ici. C'est important. Aussi, si l'on en juge par ce qu'il s'est passé lors des deux premières courses de la saison et le Grand Prix du Brésil la saison dernière, on pourrait vivre de nouvelles émotions fortes. Parce que nous sommes très compétitifs´

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