GP du Brésil: somptueux partage de frères

O. d.W.
GP du Brésil: somptueux partage de frères
©EPA

Michael Schumacher bat Ralf d'un pneu

SAO PAULO Il pouvait être particulièrement heureux et fier, Michael Schumacher, de ce 55e succès acquis de haute lutte face à des Williams-BMW-Michelin l'empêchant de tourner en rond (dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, ici, à Interlagos) tout au long du week-end. Battu aux essais de 127 millièmes par un Montoya à nouveau plus rapide en performance pure que son équipier Ralf, Schumi avait soif de revanche au moment de plonger pour la première fois dans un Esse de Senna où le Colombien avait mis à mal l'an dernier sa supériorité lors d'un dépassement qui est dans les annales.

"Les deux premiers virages ont été très excitants!" confia, après course, le quadruple champion du monde. "Montoya a d'abord freiné trop tard, ce qui l'a obligé à prendre l'extérieur et le plaçait mal pour la courbe suivante que nous avons négociée côte à côte. Juan a été très correct. Il m'a laissé la place. J'étais à la corde pour le suivant, ce qui m'a permis de prendre l'avantage avant la longue ligne droite. Au moment du freinage, j'ai logiquement serré à l'intérieur pour défendre ma position et lui laisser l'extérieur. Il m'a heurté, mais je n'ai rien senti. J'ai seulement vu après dans mes rétroviseurs qu'il avait disparu."

Le grand bluff

Comme tous les autres. Au 10e tour, le pilote Ferrari possédait déjà 8.5 d'avance sur la Williams rescapée de son frangin. Seul son équipier Barrichello, plus léger, lui reprenait du temps et le doubla même au 14e tour. Mais pas pour longtemps. Trois boucles plus tard, le malheureux Brésilien rangeait effectivement son bolide rouge sur le bord de la piste pour la huitième fois consécutive devant les siens.

On pensait à ce moment que l'aîné des Schumacher, seul des leaders chaussé en Bridgestone, avait opté pour une stratégie à deux arrêts. Mais, au fil des passages, on comprit, bien entendu, qu'il n'en était rien. Que Ferrari et le manufacturier japonais avaient parfaitement travaillé pour bluffer tout le monde et des pilotes Michelin beaucoup trop confiants, en particulier.

Bouclant à peine quatre rondes de plus que son grand frère avec son premier train de gommes, Ralf parvint, certes, à remonter dans le sillage de la F 2002 grâce à un second set plus performant et un aileron avant ajusté lors du pit-stop. Quelque peu menaçant, il mit la pression durant les quinze derniers tours sans jamais, toutefois, pouvoir porter la moindre attaque.

"Cette victoire, je ne la dois pas à la chance, mais au dur travail de toute l'équipe pour mettre notre nouvelle monture en parfaite adéquation avec nos pneus!" se félicitait le leader du Mondial après être tombé dans les bras de Ross Brawn, concepteur de cette F 2002 dont le baptême fut plutôt réussi. "Après 20 tours, je n'ai plus cherché à creuser l'écart. Ce n'était plus nécessaire. J'étais certain de pouvoir garder l'avantage après les ravitaillements. Ralf m'a mis un peu de pression, mais je savais qu'il ne pouvait me dépasser qu'au freinage de la ligne de départ. Il était donc aisé de le garder derrière."

Et Michael de quitter Sao Paulo en remettant une dernière petite couche histoire d'attiser la concurrence. "Il est clair que j'aurais pu être un peu plus rapide. Que nous n'étions pas encore à notre meilleur niveau. Je suis désormais beaucoup plus optimiste pour les Grands Prix où nous n'étions pas trop à l'aise l'an dernier."

Voilà, par conséquent, les pilotes Williams prévenus...

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