Si Schumi possède tous les atouts

Philippe Janssens

Le pilote, la monoplace, la tactique de course, mais pas les pneus...

SAO PAULO Une image, répétée tour après tour, nous a frappée dans l'épilogue du Grand Prix du Brésil. Revenant progressivement sur son grand frère, Ralf Schumacher ne fut jamais en mesure de l'attaquer. Ronde après ronde, la frustration ne fit que grandir.

A chaque fois, le scénario se répéta. Immuable. Revenant dans les échappements de la F 2002 moins chargée en aérodynamique dans le premier S de Senna, la Williams collait aux basques de sa rivale jusqu'à l'attaque de Mergulho et de Junçao, les deux dernières courbes précédant la remontée vers le banking et la ligne droite des stands. Là, précisément dans cette petite portion, Michael Schumacher et sa nouvelle monture s'octroyaient irrésistiblement la marge nécessaire pour repousser efficacement tout assaut à brides rabattues de la cavalerie du moteur BMW.

Et sincèrement, la course aurait encore pu durer vingt tours de plus que l'on voit mal comment Ralf aurait pu surprendre son illustre frangin. Au volant d'une nouvelle F 2002 qui ne montra jamais le moindre signe de faiblesse, Michael Schumacher a été irrésistible. Pas une faute, pas le moindre souci, ni le plus petit écart. Réussissant un départ de rêve sur lequel Juan Pablo Montoya se cassa les dents, le Kaiser des circuits donna littéralement la leçon à ses semblables. A tel point qu'on pourrait se demander aujourd'hui, qui pourrait encore l'empêcher de ceindre, en fin de saison, cette 5e couronne mondiale, qui en ferait l'égal du mythique Juan Manuel Fangio.

Car force est de constater que le pilote Ferrari a bien tous les atouts dans son jeux. Il était, est et... reste le meilleur pilote du plateau. Tant en début de saison (avec la F 2001) que dépuis le week-end dernier, il possède la meilleure monoplace du paddock. De plus, en jouant la carte d'un seul ravitaillement et en plaçant les attaques et accélérations nécessaires au meilleurs moments (tant au départ avec Montoya, que dans la lutte finale avec Ralf), il se montra magistral.

Certes, rien n'est joué et la saison paraît encore bien longue. Pourtant, on ne voit pas où se situe la faille... Un fait est pourtant à souligner. Dimanche, sous le drapeau à damiers que le Roi Pelé agita un peu en dépit du bon sens, Michael Schumacher précéda sept monoplaces chaussées de pneus Michelin. Et sans les ennuis mécaniques de Raikkonen (suspension) et Trulli (moteur), elles auraient même pu être neuf à compléter le Top 10.

C'est le signe que le manufacturier français a clairement pris l'avantage sur Bridgestone, permettant à Renault et Toyota de s'illustrer à des niveaux complètement inattendus l'année de leur arrivée au sommet du sport automobile. Sans son erreur du départ, Montoya aurait-il pu faire mieux que Ralf Schumacher? Malheureusement, on ne le saura jamais, même si le Colombien est le premier à répondre par l'affirmative avant de se mordre les doigts.

Quant aux McLaren-Mercedes, bénéficiant, elles aussi de l'avantage Michelin, elles semblent avoir retrouvé le moral. `Lorsque nos voitures ont passé les Renault à la faveur du ravitaillement, elles tournaient dans les mêmes chronos que les leaders, ouriait Ron Dennis, visiblement satisfait du podium décroché par David Coulthard.

Pour autant, nous ne croyons pas que ce soit suffisant pour aller inquiéter Michael Schumacher et sa nouvelle F 2002 dont l'évolution se fera en parallèle de la concurrence. Hormis les pneumatiques, Schumi possède tous les atouts. Il n'empêche que l'Allemand domina encore. Il faudra donc aller chercher ailleurs les raisons de croire encore à une saison palpitante...

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